Une nation est une âme

ernest-renan1
image-2956

En ces temps troublés, relisons ce célèbre texte de Renan. Si la France est une âme, comment la nourrir?

« Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. L’homme, Messieurs, ne s’improvise pas. La nation, comme l’individu, est l’aboutissant d’un long passé d’efforts, de sacrifices et de dévouements. Le culte des ancêtres est de tous le plus légitime ; les ancêtres nous ont faits ce que nous sommes. Un passé héroïque, des grands hommes, de la gloire (j’entends de la véritable), voilà le capital social sur lequel on assied une idée nationale. Avoir des gloires communes dans la passé, une volonté commune dans le présent ; avoir fait de grandes choses ensemble, vouloir en faire encore, voilà les conditions essentielles pour être un peuple. On aime en proportion des sacrifices qu’on a consentis, des maux qu’on a soufferts. On aime la maison qu’on a bâtie et qu’on transmet. Le chant spartiate : «Nous sommes ce que vous fûtes ; nous serons ce que vous êtes» est dans sa simplicité l’hymne abrégé de toute patrie.

Dans le passé, un héritage de gloire et de regrets à partager, dans l’avenir un même programme à réaliser ; avoir souffert, joui, espéré ensemble, voilà ce qui vaut mieux que des douanes communes et des frontières conformes aux idées stratégiques ; voilà ce que l’on comprend malgré les diversités de race et de langue. Je disais tout à l’heure : «avoir souffert ensemble» ; oui, la souffrance en commun unit plus que la joie. En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l’effort en commun.

Une nation est donc une grande solidarité, constituée par le sentiment des sacrifices qu’on a faits et de ceux qu’on est disposé à faire encore. Elle suppose un passé ; elle se résume pourtant dans le présent par un fait tangible : le consentement, le désir clairement exprimé de continuer la vie commune. »

 

Ernest Renan, Qu’est-ce qu’une nation? Conférence prononcée à la Sorbonne le 11 mars 1882

 

 

8 commentaires sur “Une nation est une âme
  1. colombe dit :

    Après les deux commentaires je n’ai plus rien a rajouter sinon que je confirme beaucoup de paroles de Patric .Il faut s’accrocher car notre nation manque de souffle et les fondements ne sont plus très solides.La France redeviendra la fille ainée de l’église nous devons tous y croire car DIEU est avec nous.Pour DIEU rien n’est impossible ….Prions offrons donnons et surtout ne pas se laisser abattre, tenir debout et la tête haute car nous sommes des enfants de lumière……Et pour être la lumière restons branchés!

    • Patric Chenaux dit :

      Amen, oui Colombe, restons branchés et bien sur la table et non pas caché sous le lit, ainsi la lumière du Christ brillera.

  2. Patric Chenaux dit :

    Oui, bon, ces grands discours, très beaux et savants sur la nation nous mènent à quoi, au final? Et est-ce que c’est cela qui doit vraiment unir la nation, être son socle? Les épreuves unissent, la memoire du deuil est préférable pourquoi?
    Dans la Bible, la reine Esther et Judas Macchabée instaurèrent des fêtes: les Pourims et la Dédicace qui rappelaient les grandes victoires de Dieu qui libéra son peuple de ses ennemis. La Pâque était la grande fête qui commémorait la sortie d’Egypte: la grande delivrance de Dieu qui après avoir humilié les faux dieux d’Egypte et le pharaon avec les dix plaies, sortait triomphalement son peuple de l’esclavage. Voilà la fête la plus importante en Israël qui annonçait la delivrance des nations par Notre Seigneur Jésus Christ. Alors qu’est ce qui fait le socle d’une nation comme la France? La foi catholique et quelles fêtes unissent le peuple, nourrissent son âme? Les fêtes qui rappellent sa liberation de l’esclavage du démon : Noël, Pâques et la fête Dieu qui, dans le passé était une fête magnifique, où villes et villages se décoraient de leurs plus belles parures pour le passage du Saint Sacrement. Et il y a les autres fêtes du Seigneur, de la Vierge comme l’Assomption, autres fêtes importantes qui unissaient toute la France.
    Voilà le fondement la nourtiture de l’âme de la France.
    Le discours de Renan est bien joli, mais quelles fêtes va unir les français, honorer nos ancêtres? Le 14 juillet? Quelle horreur, en plus il n’y a jamais eu de prise de la bastille; les commémorations de les fins de la première et deuxième guerres mondiales? oui, charmant, fêtons la déchéance de l’homme et ses gloires douteuses qui, nous le savons, si la France serait restée fidèle au Seigneur l’Histoire aurait certainement été autre. Bien entendu, il faut honorer nos soldats morts pour la France, mais pas au détriment des fêtes du Seigneur et de la Patronne de la France.
    Vous me trouvez radical? Eh, c’est que je me suis peut-être radicalisé! Non? je plaisante. Si vous me trouvez radical, c’est que vous êtes endormis. Voilà c’est tout. Comment faire un discours sur la nation française et son âme sans parler de Celui qui fait vivre cette nation. Si le Seigneur le voulait, notre nation pourrait disparaître à l’instant. Pourquoi? à cause de ses nombreuses infidélités, jusqu’à laisser passer une loi, et ceci contre une masse impressionante de manifestants, cette loi est le mariage pour tous. Notre pays, sous le couvert des droits de l’homme se permert d’offenser le Créateur de ce même homme, en crachant sur la loi de Dieu. Et que dire de l’avortement? un génocide immonde qui continue. Neuf millions d’enfants assassinés dans le ventre de leur mère. Et cette écologie qui ne tient pas compte de la Providence de Dieu? Notre nation va mal. J’ai envoyé un grand nombre de Tweets aux hommes et femmes politiques qui se disent patriotes et pour certains catholiques, leur rappelant ce que dit l’Ecriture sur Dieu et la nation, mais rien, jamais de réponses. Jamais de réponse, même pas: « Arrêtez de nous ennuyer avec vos bondieuseries ». Et puis cette haine, même de catholiques envers les migrants, y voyant que des terroristes et des violeurs. Quelle folie. La France craint ce qu’on appelle l’Islamisme. Et si l’Islam prenait le pouvoir en France? Ah je vous garantis qu’il y aurait de quoi pleurer. Et les fêtes pour unir la nation, l’âme de la nation seraient bien principalement les fêtes musulmanes, sans discussion.
    Nous ne sommes pas encore là. Je vous le répète notre pays est catholique, pour nourrir l’âme de notre nation, il n’y a qu’une unité autour du Dieu de notre nation qui est possible. Même l’incroyant, même le non catholique y trouveraientt leur compte, car Dieu est bon. Longtemps on l’a appelé le Bon Dieu, ce n’est pas pour rien.
    Cela, aujourd’hui semble impossible, alors qu’est-ce qui uni la nation et nourri son âme? Les victoires de l’équipe de France de football, les attentats suivis de commémorations médiatisées à fond, avec lavage de cerveau à l’appui « Je suis Charlie »: à cela je reponds « je suis chrétien ». Notez au passage tous ces « Je suis », cela me fait penser qu’on veut effacer de l’âme de la France, de ce qui devrait faire son unité: « Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi ».

    « Chantez au Seigneur un chant nouveau,
    chantez au Seigneur, terre entière,
    chantez au Seigneur et bénissez son nom.

    De jour en jour, proclamez son salut,
    racontez à tous les peuples sa gloire,
    à toutes les nations ses merveilles!

    Rendez au Seigneur, famille des peuples,
    rendez au Seigneur la gloire et la puissance,
    rendez au Seigneur la goire de son nom.

    Adorez le Seigneur, éblouissant de sainteté:
    tremblez devant lui, terre entière.
    Allez dire aux nations: « Le Seigneur est roi! »

    Alléluia, Alléluia. Christ, manifesté dans la chair,
    proclamé parmi les nations, accueilli dans la foi,
    gloire à toi! Alléluia.

    (Ps 95 et Alléluia in Magnificat, mardi 26 janvier, La Messe, p. 354)

    • Esperance2 dit :

      Je suis plus sensible à votre commentaire qu’au discours un peu creux de Renan.. merci de ce que vous dénoncez, merci de nommer les vrais problèmes, tout ce mal qui fait crier vers le Seigneur tellement plus fort que le cri monté de Sodome et Gomorrhe vers le Seigneur. Que faire.. sans doute nous n’avons pas mission de jeter une pierre. Mais implorer que nos sociétés arrêtent enfin de choisir le malheur, la dégradation, et la mauvaise foi de faire passer toutes ces lois comme soi-disant libératrices et soi-disant éclairées.
      « Notre pays, sous le couvert des droits de l’homme se permet d’offenser le Créateur de ce même homme, en crachant sur la loi de Dieu ». Implorons le respect de la personne humaine. Seigneur prends pitié

      • Patric Chenaux dit :

        Oui Esperance, oui vous avez raison, sans jeter la pierre, mais en priant et surtout en aimant.

  3. EDITH dit :

    Jadis, du temps aussi de mon grand-père c’était cela, à présent on s’ interrogé, sauf quand Renan dit « dans les moments de grandes souffrance ». Le dėpassement de la Croix ensemble est universel et fait grandir. Respecter les ancêtres et leur mémoire et construire un présent juste et honnête fait partie de la sagesse humaine mais les chrétiens savent que tout celà n’est pas suffisant sans la transendance divine le Salut et la grâce apportés par Jésus. Cependant la sagesse dėjà humaine est un terreau de paix humaine, c’est un début.

    • Patric Chenaux dit :

      Un debut, oui… mais aujourd’hui où est cette sagesse humaine? Il y a bien quelques âmes de bonne volonté, mais tellement de sentimentalisme et de zapping que rien ne dure dans l’esprit des gens ainsi façonné. Un exemple, les journaux télévisés doivent parler deux semaines d’un sujet et pas plus. L’on passe d’une catastrophe terrible à la cuisine d’un chef, les nouveaux gourous, sans changer de ton. Comment tout cela peut-il changer? Heureusement, rien n’est impossible à Dieu.