L’espérance est une victoire

bernanos
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« Un désespoir inflexible qui n’est peut-être que l’inflexible refus de désespérer.

Je viens d’écrire ce mot de désespoir par défi. Je sais parfaitement qu’il ne signifie plus rien pour moi. Autre chose est souffrir l’agonie du désespoir, autre chose le désespoir lui-même. C’est là une vérité que je dois à certains garçons peu réfléchis disposés à se tromper non moins grossièrement sur l’espérance que sur l’amour. Je voudrais les mettre en garde contre les charlatans dont le faux espoir n’est qu’un lâche prétexte à ne pas courir le risque de la véritable espérance. Car l’espérance est une victoire, et il n’y a pas de victoire sans risque. Celui qui espère réellement, qui se repose dans l’espérance, est un homme revenu de loin, de très loin, revenu sain et sauf d’une grande aventure spirituelle, où il aurait dû mille fois périr.
J’ai toujours mieux aimé courir la chance affreuse – et je crois pour moi mortelle – de ne plus aimer mon pays que de ne pas le voir tel qu’il est, de m’attendrir sur une fausse image faite pour moi, faite par moi, de tromper mon pays avec moi-même, comme Onan trompait son épouse. Un certain amour de la France a toujours été sous le signe d’Onan.

Celui qui, un soir de désastre, piétiné par les lâches, désespérant de tout, brûle sa dernière cartouche en pleurant de rage, celui-là meurt, sans le savoir, en pleine effusion de l’espérance. L’espérance c’est de faire face.

Que m’importe de savoir si j’ai ou non l’espérance ? Il me suffit d’en avoir les oeuvres. Si j’ai les oeuvres de l’espérance, l’avenir le dira. L’avenir dira si chacun de mes livres n’est pas un désespoir surmonté. »

 

Georges Bernanos, Français, si vous saviez (1948)

6 commentaires sur “L’espérance est une victoire
  1. Esperance2 dit :

    « L’espérance est une victoire », merci pour chaque désespoir surmonté, ou simplement pour découragement surmonté.
    Ste Thérèse de Lisieux écrit à sa soeur Céline (Lettre du 23 juillet 1888): « La vie souvent est pesante, quelle amertume… mais quelle douceur ! Oui la vie coûte, il est pénible de commencer une journée de labeur (…); si encore on sentait Jésus, oh! on ferait bien tout pour lui, mais non, il paraît à mille lieues, nous sommes seules avec nous-mêmes, oh! l’ennuyeuse compagnie quand Jésus n’est pas là. Mais que fait-il donc ce doux ami, il ne voit donc pas notre angoisse, le poids qui nous oppresse ? où est-il, pourquoi ne vient-il pas nous consoler, puisque nous n’avons que lui pour ami ? Hélas ! il n’est pas loin, il est là tout près, qui nous regarde, qui nous MENDIE cette tristesse, cette agonie, il en a BESOIN pour les âmes, pour notre âme, il veut nous donner une belle récompense, ses ambitions pour nous sont si grandes. »

    Et surtout, merci à chaque malade, spécialement les amis de la Neuvaine, de témoigner de l’espérance.

    • Chenaux Patric dit :

      Merci Espérance 2, oui, même malade, nous pouvons grâce à Dieu, aux prières de nos frères et soeurs, à leur patience et charité, témoigner de cette espérance qui ne trompe pas. Bonne journée et que le Seigneur vous bénisse et vous garde dans son amour.

    • colombe dit :

      Merci a vous .Je confirme ce que Patric vous a commenté.Restons fortement unis par la prière surtout celle du cœur bonne continuation .

  2. Chenaux Patric dit :

    Nous serions tentés de nous laisser aller au désespoir quand nous voyons l’Etat lamentable de la France. Hier, j’ai commenté un post de « Famille chrétienne » sur Facebook, il faut voir les attaques violentes de ceux qui se disent républicains et laïques. Toujours les mêmes accusations envers la Sainte Eglise Catholique, toujours le même bla bla sur la France laïque avec la haine, la vulgarité dans leurs propos, voir l’insulte. Serait-ce signe de désespoir? Car ces gens si haineux ne peuvent avoir d’espérance.
    Le désespoir est un péché. Il est un péché s’il prend le dessus, s’il nous éloigne de Dieu. Les cabinets de psychiatres, de psychologues sont pleins. Pourquoi? Parce que les gens se sont détournés de Dieu. Attention je ne parle pas de malades qui ont besoin d’aide psychiatrique. Mais de ceux qui se laissent envahir par le désespoir car tout ne va pas comme ils voudraient.
    Nos agriculteurs, nos éleveurs font des actions coups de poings contre les supermarchés, arrêtant les camions étrangers, tout ceci pour que l’Etat bouge. Ils sont dans le désespoir. Allez leur dire: « Et si nous nous mettions à prier? » Vous verrez la réponse.
    Lorsque ma maladie a pris le dessus, en 2009, j’ai arrêté de suite le travail et je ne l’ai jamais repris. Lorsque j’étais jeune, j’avais certes mal au dos, cependant je ne m’imaginais pas les années de souffrance qui m’attendaient. Qui peut s’imaginer son avenir? Dès que je fus arrêté, les médecins voulurent absolument que je rencontre un psychologue de l’hôpital. Ce que je refusais. Mais, les médecins sont tenaces. Alors, un jour que j’étais hospitalisé, la psy passa dans ma chambre, sous prétexte qu’elle faisait le tour de toutes les chambres de l’étage (ce que ne peuvent pas faire les aumôniers ceci dit, il faut les demander). Je lui ai dit que je ne voulais pas voir de psychologue. Elle resta cependant un moment. Comme je persistais dans mon refus de voir un psy, les médecins trouvèrent une autre astuce. Je reçu à la maison une convocation de l’hôpital, je devais voir mon médecin. Bon, j’arrive à l’hôpital, on m’appelle, j’entre dans le bureau du docteur, et… surprise, c’est un autre docteur qui est là. Il se présente comme n’étant pas psychologue, mais comme s’occupant quand même des malades sur le plan psychologique. Les malins! Nous discutons et, ouf, il conclut en écrivant sur mon dossier: « Monsieur Chenaux n’a pas besoin de psychologue. » Depuis on me fiche la paix.
    Alors pourquoi je vous dit cela? Pour me vanter? Oh non, c’est pour vous témoigner que la foi nous aide, l’espérance nous aide, la charité nous aide. Oui, la foi en Notre Seigneur Jésus Christ m’aide dans cette maladie terrible qui est douloureuse et qui me conduit inexorablement vers la chaise roulante, le dos plié en deux. La foi qui est une relation avec Jésus et qui a aussi un contenu, une doctrine, m’aide, me solidifie, et me permet d’avancer sereinement. Beaucoup prient pour ma guérison, c’est fraternel, charitable de leur part, mais, j’ai envie de leur dire: « Laissez-moi avec ma maladie, car à travers des souffrances atroces j’ai appris beaucoup sur l’amour de Dieu. » Oui on apprend toujours sur l’amour de Dieu, lorsqu’on est en bonne santé et lorsqu’on est malade. La maladie n’est pas toujours un châtiment immédiat, divin, comme dans les fléaux que nous voyons dans la Bible. La maladie, n’est pas toujours due à un péché personnel. La maladie… est surtout là pour que la gloire de Dieu éclate.
    Et là j’aimerais m’adresser à la maman de Vincent Lambert et à tous ceux qui le soutiennent. Puissiez-vous ne pas vous laisser aller au désespoir. Vincent dans son problème de santé est un témoignage puissant de l’amour de Dieu. Pourquoi? Parce que dans votre combat, les français sont remis en présence de leur Dieu. Dieu donne la vie, Dieu reprend. N’ayez donc pas honte de l’Evangile. Vous êtes soutenus par les évêques de France, et par les catholiques. Votre témoignage nous parle de la vie, donc de Jésus Christ, rien n’est dû au hasard. Attachez-vous au Seigneur, demandez à la Sainte Vierge d’intercèder auprès de son Fils afin qu’à travers le beau visage de votre fils, le monde puisse voir celui du Crucifié et que tous ces arogants plient le genoux devant Notre Seigneur. Votre combat est le bon combat dans l’espérance des enfants de Dieu.
    Donc ce qui m’aide dans mon atroce maladie c’est l’espérance. Le passage sur terre n’est qu’un purgatoire. C’est une préparation pour entrer dans le Ciel. On ne peut pas entrer souillé. La parabole du mariage, raconte comment celui qui ne s’était pas mis en habit de fête c’est fait lier et jeter dehors, dans les ténèbres là où il y a des pleurs et des grincements de dents. Rien de comparable aux souffrances du temps présent.
    Voilà, si je n’ai pas besoin de psychologue, ce n’est pas parce que j’ai un fort caractère, c’est parce que j’ai l’espérance. Précisément la foi, l’espérance et la charité. Non pas que je sois un Saint, je ne suis pas encore parfait, loin de là, j’ai encore du pain sur la planche. Et pour briser l’orgueuilleux Patric Chenaux, pour le faire mourir, afin que le Christ vive en moi, la maladie est l’un des outils precieux que Dieu m’a donnée.
    Le desespoir s’instale quand on ne pense plus à Jesus Christ… comment? Si je n’ai pas besoin de psychologue, est-ce que je n’est besoin d’aucun humain? Est-ce que seul l’espérance suffit? Non, l’espérance ne peut pas demeurer dans notre coeur, ni la foi et la charité d’ailleurs, et grandir tout seul. Dieu nous a donné l’Eglise pour cela. Donc oui, j’ai besoin des frères et soeurs, de leurs prières, leurs encouragements. J’ai besoin du prêtre, du confesseur, des Sacrements. Tout ce que le Seigneur nous donne pour affermir lafoi, l’espérance et la charité. Sans Jésus, nous ne pouvons rien faire.

    L’espérance, c’est faire face, dit Bernanos, ne pas se laisser écraser, comme ce soldat qui face à l’ennemi sachant que tout est fini pour lui, désespérant de tout, ne cède pas et tire sa dernière cartouche. La France va mal, mais nous nous laissons pas aller au désespoir, redressons la tête. Petit reste, soyons affermis dans l’espérance par les Paroles du Christ, et même s’il arrivait que l’ennemi prenne le dessus, et nous engloutisse, que les larmes coulent a flot de voir la France sombrer, désespérant de tout sur le moment, tiront notre dernière cartouche, faisons face, le chapelet à la main. Et si nous devons aller au martyre montons à l’échafaud comme les soeurs du film « Le dialogue des Carmélites », tiré d’une histoire véridique d’après le livre de Bernanos. Ce film, je vous conseille de voir, les deux versions si possible, celle en NB et celle en couleur, plus récente. Je vous avoue que j’ai pleuré. Mais c’était des pleurs non pas de tristesse, c’était des pleurs de compassion, de joie, de tristesse et de désespérance momentanée… en fait des pleurs d’espérance.

    « Car l’espérance est une victoire, et il n’y a pas de victoire sans risque. Celui qui espère réellement, qui se repose dans l’espérance, est un homme revenu de loin, de très loin, revenu sain et sauf d’une grande aventure spirituelle, où il aurait dû mille fois périr. » (Georges Bernanos)

    • colombe dit :

      Cher Patrick, je suis très émue par votre commentaire du 29 juillet ou je me trouvais a Lisieux, j’ai prié pour vous et les vôtres.DIEU sait ce qui est bon pour vous ; et l’offrande de vous même est agréable a notre DIEU . C’est au ciel que vous comprendrez votre souffrance offerte et toutes les âmes que DIEU aura tirées du mal pour les diriger vers la lumière.Vous avez été choisi par lui et vous êtes un instrument de grande valeur permettez moi de vous dire tout cela . Je sais que vous resterez humble, vous savez j’ai rencontré a Lisieux un jeune homme en fauteuil roulant atteint d’une maladie très grave et il-ne parlait pas mais il comprenait. Au moment de la communion il venait prés de moi et je lui prenais la main c’est a JÉSUS que je donnais la main et dans le creux de son oreille après la communion je lui ai dit .Au ciel tu danseras tu marcheras, comme son regard est devenu lumineux a ce moment . Merci JÉSUS pour ton amour envers ceux qui souffrent , et combien tu les prends sur ton cœur dans leurs souffrances. Courage je suis avec vous Patrick.