La liberté de la Vierge Marie

 

adrienne
image-2287

« Pareille à une gerbe liée en son milieu et qui se déploie à ses extrémités, le consentement de Marie embrasse toute sa vie ; elle en reçoit son sens et sa forme, s’épanouit en arrière et en avant. Ce oui prononcé une fois, et qui embrasse tout, accompagne aussi chaque instant de sa vie, illumine chaque tournant de son existence, confère à chaque circonstance son sens particulier et lui dispense de façon toujours nouvelle et dans n’importe quelle situation la grâce de comprendre. Ce oui donne tout son sens à chaque souffle, à chaque mouvement, à chaque prière de la Mère de Dieu. Car la nature du oui, c’est de lier celui qui le prononce en lui laissant la plus totale liberté de réalisation. Il remplit son oui de sa personnalité, lui donne son poids et sa coloration unique, mais est lui-même modelé, libéré, réalisé par ce oui. Toute liberté s’épanouit dans l’abandon et le renoncement à la liberté. Et toute fécondité naît de cette liberté dans la dépendance…
Avant tout, son consentement est grâce. Il n’est pas simplement sa réponse humaine à l’offre divine, mais il est tellement grâce qu’il est en même temps la réponse de Dieu à toute sa vie. C’est dans son âme la réponse de la grâce à la grâce déposée dans sa vie dès l’origine. Mais en ne négligeant pas l’appel du Seigneur, Marie donne aussi la réponse attendue par la grâce ; ne pas négliger l’appel signifie pour elle se mettre à disposition dans un abandon total. Elle le fait de tout son pouvoir, de toute la profondeur de son être et de ses facultés ; elle s’abandonne donc dans la force et la faiblesse : la force de celle qui se tient prête à toute injonction de Dieu et la faiblesse de celle dont on a déjà disposé, qui est assez faible pour reconnaître la puissance du requérant et pourtant assez forte pour lui offrir sa propre vie.
En tant que parole de grâce, son consentement est éminemment une action de l’Esprit-Saint, sous l’effet duquel elle donne à Dieu son corps et son âme. L’Esprit qui l’ombragera est déjà en elle et lui permet de prononcer son oui avec lui. En l’ombrageant, l’Esprit qui inonde va rencontrer l’Esprit qui l’habite déjà, et le oui de Marie sera comme enfermé dans un oui de l’Esprit. Ainsi enveloppé dans le Saint-Esprit, son consentement n’en est pas moins une parole authentique, libre et autonome de son propre esprit. Ce sera d’abord une parôle de son âme, sans qu’elle pressente encore combien il est dans les vues de Dieu qu’elle devienne parole de son corps. Et ce sera le Saint-Esprit qui prolongera le oui de son âme pour en faire un oui de son corps. Il le peut parce que ce oui est sans limites, matière souple dont Dieu peut faire tout ce qu’il veut. »

Adrienne von Speyr, La servante du Seigneur, 1947

6 commentaires sur “La liberté de la Vierge Marie
  1. Edith Bolot dit :

    Patrick, merci vous nous faites faire un grand voyage autour du OUI de MARI E et dans la puissance de la PRIÈRE habitée par lEsprit.que dire de plus beau !
    J’ai été responsable d’un petit groupe de 10 personnes priant en équipe du Rosaire AVE + la PAROLE. Je les ais presque toutes accompagnées jusqu’à la mort phi si que ment ou par la prière. On me téléphonait pour me dire de prier…
    pour le catéchisme, dans ma famille, dans le groupe d’adoration dont j’ai fait partie etc. .. en Église. .. J’ai vu après que l’esprit était là au coeur de toute prière +actions et rencontres tout ce que vous expliquez si bien. J’ai 74 ans et j’ai la fibromyalgie et mon mari un cancer du poumon sans avoir jamais fumé. Prions pour notre France Marie mais qu’elle nous soutienne tous aussi qui sommes ici ensemble réunis dans la Parole et la Prière pour notre monde, peuple tellement varié é vêques prêtres et laïques et peut – être consacrés… Écoute – nous Seigneur.

    • Chenaux Patric dit :

      Merci Edith pour votre encouragement et surtout pour votre témoignage edifiant et émouvant. Vous voilà aux prises maintenant avec la maladie, une maladie pénible et douloureuse, ainsi que celle de votre époux. Personnellement je souffre d’une Spondylarthrite Ankylosante sévère et j’en souffre beaucoup, les traitements sont lourds, cela fait cinq ans que je suis en invalidité, j’ai 52 ans.
      Vous avez servi fidèlement le Seigneur et sa divine Mère, vous avez 74 ans, mais votre service n’est pas fini. Car Jésus veut tout, il vous veut entièrement pure: vous êtes sa pépite d’or qu’il veut affiner. Pour votre mari s’il est croyant c’est la même chose, s’il ne l’est pas, sa maladie est un appel. Pardonner-moi de vous dire ces choses que vous devez savoir mieux que moi. Mais je les ai apprises dans ma maladie. Une lecture d’un extrait d’une lettre du directeur spirituel de Sainte Thérèse qui souffrait de maladie. Son directeur lui écrit : « Je veux vous voir là et pas ailleur, sur la Croix ». C’est là Edith que nous devons rester, sur la croix, et pas ailleurs, en offrant: nos douleurs, les effets secondaires, les examens médicaux… tout cela il nous faut l’offrir à Marie, à Jésus. A 74 ans, vous êtes dans votre maladie en pleine purification et en plein service. Ainsi le Seigneur vous prépare pour le Ciel, car au Ciel, le service n’est pas fini, dans le repos, nous participerons à l’oeuvre du Christ Roi, avec sa divine Mère qui en Reine du ciel est assise à sa droite.
      Merci encore Edith et que Dieu vous bénisse.

  2. colombe dit :

    MARIE femme choisie tu es celle qui a été destinée par le très haut depuis la conception du monde pour porter en toi le fils du DIEU tout puissant. Ce OUI trois lettres qui résonnent sans cesse dans le cœur de ceux qui suivent DIEU.O = obéissance ce que tu as toujours fait.U= union des cœurs unis de JÉSUS et MARIE. I= immaculée tu l’es puisque choisie par le très haut pour être la plus pure de toutes les femmes..MERCI MARIE car ton oui est si doux, ton oui est si ferme et sur, ton oui sans aucune hésitation, ce OUI a donné de voir ce que nous sommes devenus nous enfants de la lumière, et toujours levons vers toi MARIE nos yeux remplis de bonheur en pensant que toi aussi tu as levé les yeux au ciel pour répondre ce oui, et c’est toujours le même ciel le même soleil que toi aussi tu as regardé .A notre tour disons OUI a DIEU pour tout ce qu’il attend de nous dans nos vies.

  3. Chenaux Patric dit :

    Dom Guéranger dit dans son Année Liturgique, que tout s’arrêta suspendu à l’attente de la réponse de Marie à la Parole de l’Ange Gabriel. Et quand la Vierge dit le oui tant attendu, ce fut la joie dans le ciel. Toute la Création soupira. Nous ne pouvons pas nous imaginer si Marie avait dit non. Mais Adrienne von Speyr nous montre que Marie ne pouvait pas faire autrement que dire oui. Le Saint-Esprit oeuvrait en Marie dès sa conception, et Marie, l’Immaculée Conception, était une familière du Seigneur. Présentée au Temple lorsqu’elle était petite, elle était une jeune fille de prière, attendant la venue du Messie. Sa proximité avec Dieu devait fortement impressionner les autres jeunes filles du Temple. Marie ne consentit à sortir du Temple, que pour se fiancer à ce jeune homme Saint, un charpentier du nom de Joseph. Y voyait-elle déjà un signe, puisque le Joseph de l’Ancien Testament a sauvé Israël en lui donnant du pain, en lui donnant une terre, lui qui pardonna à ses frères de l’avoir vendu? Ce qui est sûr c’est que Marie, jeune fille d’une grande piété, qui aimait se tenir à proximité de Dieu dans la prière, qui connaissait les Écritures a dit oui. Elle l’a dit librement, mais en même temps elle ne pouvais pas faire autrement. Car l’Esprit qui vit en elle, répondait à l’Esprit qui parlait par la bouche de l’Ange. Pourtant Marie a dit oui librement. Voilà un grand mystère.
    Ce mystère est celui de l’élection et de la prédestination. L’Eglise croit et confesse ce mystère, non pas à la manière de Luther ou de Calvin, mais comme saint Thomas d’Aquin l’expose, et que Adrienne von Speyr résume très bien dans cette extrait que nous avons lu. Ainsi Marie choisie par Dieu parmi toutes les femmes de l’histoire, a été prédestinée à devenir la Mère du Sauveur. Alors elle a dit oui. Mais elle aurait pu dire non si l’on reste simplement sur le plan horizontal, de son humanité. Dans son libre arbitre, elle aurait pu dire non, mais elle a dit oui. « Avant tout, son consentement est grâce. Il n’est pas simplement sa réponse humaine à l’offre divine, mais il est tellement grâce qu’il est en même temps la réponse de Dieu à toute sa vie. C’est dans son âme la réponse de la grâce à la grâce déposée dans sa vie dès l’origine. Mais en ne négligeant pas l’appel du Seigneur, Marie donne aussi la réponse attendue par la grâce ; ne pas négliger l’appel signifie pour elle se mettre à disposition dans un abandon total. » (Adrienne von Speyr).

    Oui je cite longuement Adrienne von Speyr, tant ce texte est d’une importance et d’une profondeur: « la grâce répond à la grâce », il faut que je la cite encore une fois: « En tant que parole de grâce, son consentement est éminemment une action de l’Esprit-Saint, sous l’effet duquel elle donne à Dieu son corps et son âme. L’Esprit qui l’ombragera est déjà en elle et lui permet de prononcer son oui avec lui. En l’ombrageant, l’Esprit qui inonde va rencontrer l’Esprit qui l’habite déjà, et le oui de Marie sera comme enfermé dans un oui de l’Esprit. »

    Oh mystère insondable que le oui de Marie. Et notre oui, à nous alors? Il a bien fallu à un moment donné dire oui à Dieu. Renoncer à notre liberté, car comme le dit von Speyr: « Toute liberté s’épanouit dans l’abandon et le renoncement à la liberté. Et toute fécondité naît de cette liberté dans la dépendance ». Ce oui, ce renoncement à notre liberté, nous avons dû le faire. Cette conversion, pour que grandisse en nous le Christ par l’action du Saint Esprit afin qu’il naisse par notre piété et nos oeuvres. « Ce n’est plus moi qui vit, mais c’est le Christ qui vit en moi » (Saint Paul).
    Nous qui avons été baptisés, nous avons reçu l’Esprit, et c’est peut-être dans la bonté d’une mère pieuse, ou dans un cours de catéchisme, ou lors de la visite d’un lieu de pèlerinage, ou dans la lecture de la Bible, ou devant le Saint Sacrement, ou dans la lecture de la vie des Saints, ou encore lors de la messe que, soudain, nous avons entendu cette Parole de Dieu qui nous disais: « Toi, suis-moi », alors l’Esprit qu vivait en nous nous fit entendre, aimer et accepter la Parole de l’Esprit qui nous appelait à vivre en chrétien, a porter celui qui nous porte à faire naître celui qui nous a fait naître de nouveau.
    Ainsi nous apprenons par l’Ecriture que nous avons été aimés de toute éternité, choisis et prédestinés à être des enfants d’adoption. Tout cela grâce au oui de Marie qui nous donna le divin Sauveur, tout cela par la grâce. Alors aurions nous pu dire non? Voilà une bonne question. Si nous restons sur le plan humain, bien entendu, mais nous ne l’avons pas fait, pourquoi? Parce que l’Esprit oeuvrait en nous, même si cela dû prendre des années comme saint Augustin.
    Y a-t-il des élus qui disent non? certainement, puisque Dieu ne viole pas les consciences. Rappelez-vous de la parabole des quatre terrains: Certains n’écoutent pas la Parole et elle ne fait sur eux aucun effet, d’autres écoutent la Parole, se réjouissent la reçoivent, mais les soucis de la vie prennent le dessus et ils abandonnent, d’autres entendent la Parole, se rejouissent, mais les épreuves les font abandonner. Enfin il y a ceux qui écoutent la Parole, la reçoivent et persévèrent, portant du fruit. Ils ont reçut le Christ en eux et le font naître par leur vie consacrée.
    Mais ceux qui n’ont pas reçu le baptême? Eh bien le Saint Esprit fera un travail dans leur coeur afin de les préparer à entendre cette Parole de vie.
    A propos du baptême des enfants, je termine ce commentaire par rappeler l’importance de baptiser les enfants.
    Ma meilleure amie, est née en Grande Bretagne dans une famille communiste. Pourtant sur leurs trois fille, elle seule fut baptisée au sein de l’église anglicane. Elle ne sait toujours pas pourquoi. Très tôt elle fût attirée par l’Eglise. Elle allait au culte, aux offices, elle connu une amie du nom de Marie, qui était fort pieuse. Arrivée en France, après son mariage avec un français catholique, non pratiquant qui se montra de plus en plus hostile à la foi de son épouse, celle-ci persévéra cependant et rejoint une petite communauté protestante d’influence darbyste fondée par un couple d’anglais. Le couple dû retourner dans leur pays et les discensions au sein de la communauté quant-à son avenir (entre autres) ne firent que s’aggraver. Alors les dames de la communauté décidèrent de prier pour avoir un pasteur. Les anciens acceptèrent, mais le premier ne pu tenir le coup, il renonça et devint un simple membre. Les femmes ne désespérèrent pas et continuaient de prier. Mon amie, que je ne connaissais pas alors, priait le Seigneur de leur donner le pasteur selon sa volonté. En avril 1996, à Dijon, lors d’une pastorale, réunissant: pasteurs, responsables d’églises, professeurs de fac de théologie et étudiants… je donnais une conférance/homélie sur la crucifixion de Jésus, thème que j’avais choisi. (Notez que j’ai bien risqué de ne pas m’y rendre à cette pastorale pour certaines raisons importantes). A la fin de mon intervention, un couple qui connaissait cette communauté de Reims en grande detresse, vint me voir pour m’expliquer que durant ma prédication, les deux eurent la même pensée: C’est lui dont la communauté a besoin. En juillet je me rendais à Reims pour le culte de cette assemblée et je prêchais sur la vision de saint Jean au ch. 1 de l’Apocalypse. En septembre de la même année, le dimanche après que Saint Jean Paul II soit passé à Reims, je donnais mon premier sermon en tant que pasteur sur le Prologue de Saint Jean. Les prières de mon amie et des dames s’étaient réalisées. Mais pendant les huit années de ministère, au bout de six ans, je commençais un virage, lentement, pour nous ramener dans la Maison du Père, notre Sainte Mère L’Eglise Catholique Romaine. Notre amie fut la seule à me suivre jusqu’au bout. Et pourquoi je dis « me » suivre? Parce qu’elle m’a expliqué, qu’elle avait prié le Seigneur d’envoyer un pasteur selon sa volonté. Lorsque je suis arrivé, elle a suivi toutes les réformes liturgiques jusqu’à notre retour au sein de l’Eglise. Elle avait dit oui à Jésus et sa liberté elle y avait renoncé. Elle a trouvé cette liberté dans la dependance de l’amour de Dieu.
    L’un de ses premiers actes, lorsqu’elle décida librement de dire oui au retour au sein de l’Eglis Catholique, animée par l’Esprit reçu à son baptême, fut d’entrer dans une église, son mari attendant dehors. Elle vit un autel à Sainte Jeanne d’Arc, elle se mit à genoux et pleura à chaudes larmes demandant pardon pour son pays d’avoir brûler la Sainte. Touchant, n’est-ce pas?

    « On croit être libre parce qu’on est oublieux. Mais un jour vient où Dieu tend au coupable une chance de rémission. Il faut alors l’entendre cette voix unique, car elle ne retentit pas deux fois. »
    (Daniel Rops, Dictionnaire des Citations Chrétiennes, éd, du Centurion, Paris, 1990, p. 132)

    « Marie se tenait si petite, si recueillie en face de Dieu qu’elle attira les complaisances de la Trinité sainte… Si elle fut si vraie en son humilité, c’est qu’elle fut toujours oublieuse, ignorante, délivrée d’elle-même. »
    (Sainte Elisabeth de la Trinité, Ibid, p. 547)