Choisir son camp avec saint Ignace

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« Le « Principe et fondement » des exercices de saint Ignace est l’expression forte et concentrée de l’appel intransigeant de l’Évangile: l’homme n’a pas d’autre but sur la terre que de connaître Dieu, de l’aimer, le révérer et le servir.

Dans les périodes de révolution organisée contre Dieu, on voit que les idées sociales et politiques, les institutions et les lois, les Etats et les médias, les écoles et les cultures, sont des instruments redoutables d’opposition au salut éternel du plus grand nombre. C’est pourquoi les Exercices spirituels ont acquis par le charisme de saint Ignace et par l’expérience pratique, cette vocation spécifique d’oeuvre de salut spirituel et temporel.

Tous ceux qui ont réellement « fait les exercices » sous la conduite de directeurs éclairés et résolus à « ne pas édulcorer la liqueur » ni à l' »adapter aux idées modernes » (Pie XII), tous ceux-là n’ont pas pu ne pas entendre « l’appel du Christ-Roi éternel »(Exercices spirituels, n°97), ni refuser de se ranger à sa suite, pour travailler avec lui, revendiquer pour lui la souveraineté sur le monde et combattre ses ennemis. Ils savent que le monde, créé bon, est habité depuis le péché originel par des puissances mauvaises. Ils ont médité, avec saint Ignace, « les deux étendards »: l’étendard de Jésus-Christ est exigeant; il oblige au détachement, à « vouloir aider tous les hommes, en les amenant à une plus grande pauvreté spirituelle »; ils savent aussi que « le chef de tous les ennemis, dans ce vaste camp de Babylone, est assis dans une grande chaire de feu et de fumée ».

Entre les deux, l’exercitant qui a choisi son camp est exercé dans le discernement des pièges de l’adversaire. Comment ne verrait-il pas dans ce « Chef des ennemis », la « grande Babylone » de l’Apocalypse de saint Jean? (…) c’est ainsi qu’il y eut à travers les siècles, tant de Chrétiens capables, par la grâce du Saint-Esprit, de « renouveler la face d ela terre ». 

Philippe Maxence, Michel de Penfentenyo, Dom Michel-marie Caillaud, Les Exercices spirituels de saint Ignace Ecole de vie sociale et politique (XVIe -XXe siècles), Editions Traditions Monastiques, 2004, p.94-95

 

Illustration: Statue de saint Ignace par Pierre Le Gros, alliage d’argent et de cuivre. Chapelle Saint-Ignace, église du Gesù, Rome (1697-1699)

2 commentaires sur “Choisir son camp avec saint Ignace
  1. Espérance dit :

    Prenez dans Vos mains, SEIGNEUR,
    ma liberté entière;
    Recevez ma mémoire, mon intelligence
    et toute ma volonté.
    Tout ce que j’ai
    Tout ce que je possède,
    C’est Vous qui me l’avez donné.
    Je Vous le rends et Vous le livre
    sans réserve;
    Pour le soumettre entièrement
    à Votre Volonté.
    Donnez-moi seulement
    Votre AMOUR et Votre GRACE
    Et je serai suffisamment comblé.
    Je ne demande rien au-delà.

    Amen

    Saint Ignace de Loyola

  2. Chenaux Patric dit :

    Saint Ignace est un bon exemple d’une conversion radicale. Le lecture de la Vie des Saints lui a ouvert les yeux de la foi. Nous avons aujourd’hui un disciple de Saint Ignace comme Pape et nous avons avec le Saint Père, devant nos yeux, les exercices spirituels mis en pratique.
    « l’homme n’a pas d’autre but sur la terre que de connaître Dieu, de l’aimer, le révérer et le servir » voilà pourquoi l’homme a été créé. Et quand vous dites cela à un athée (qui soit dit en passant est toujours tolérant sauf avec l’Eglise). Il nous envoie à la figure que notre Dieu est orgueilleux. Hum, alors que lui-même, sans le savoir sert trois orgueilleux redoutables qui ne peuvent que le conduire en Enfer: la chair, le monde et le diable.
    Voyons le but de l’homme, et que notre belle France, aujourd’hui, oublie. D’abord le but de l’homme est de connaître Dieu.
    Mais voilà, la connaissance de Dieu se perd à une vitesse grand V dans notre pays. Notons que connaître Dieu ce n’est pas simplement savoir que Dieu existe, ni même connaître toute la doctrine chrétienne. Non connaître Dieu c’est avoir une relation intime, intérieure, avec son Dieu. C’est le prier, lui parler, avoir confiance en lui… bien entendu cela implique aussi d’étudier le catéchisme et lire la Bible. Car la connaissance de Dieu concerne tout notre être. Mais dans notre France qui connait Dieu? Il est mis de côté, il est relégué à une foi privée. Il n’a pas à se mêler de politique, de science, de l’enseignement scolaire… donc, si un enfant ne nait pas dans une famille catholique, comment va-t-il connaître Dieu? La société laïque ne connait pas Dieu. Si la société laïque ne connaît pas Dieu, les catholiques sont-ils les seuls à le connaître? La réponse va vous surprendre: oui, tel qu’il se révèle. Car nous ne pouvons pas connaître Dieu sans le Fils qui nous le fait connaître et même sans la Mère de Dieu qui nous a donné Celui qui nous révèle le Père.
    Ce langage, vous le trouverez un peu radical, mais si vous ne me croyez pas, relisez les Evangiles et les Épîtres, ainsi que le Catéchisme et réfléchissez. Laissez de côté cette pensée actuelle sentimentaliste et nouvel âge qui veut que toutes les religions soient bonnes. Dans chaque religion, il y a une certaine connaissance de Dieu, mais imparfaite, incomplète. Même le protestantisme et le monde évangélique ont un manque dans la connaissance de Dieu. Il suffit de voir leurs divisions incessantes pour s’en assurer. Quant-aux sectes c’est encore pire, elles ont une telle vision déformée de Dieu, qu’elles sont dangereuses.
    Connaître Dieu, va influer sur toute notre vie. Connaître Dieu, non pas comme bon me semble, mais comme il se révèle. Cette connaissance touche toute notre vie: de la naissance jusqu’à la mort et après aussi. Comment passer l’éternité avec un Dieu que l’on ne connait pas? D’où l’importance de la prière, de la messe, de l’écoute. Le chrétien est un éternel étudiant. Il est à l’école de Dieu. Ainsi il prend du temps pour passer un moment, chaque jour, avec Dieu. Et le dimanche, il se rend à la messe. Ainsi, il approfondit sa connaissance de Dieu.
    Le but de l’homme est d’aimer Dieu.
    Quoi notre Dieu est-il une star qui cherche à être aimée du public? Où un homme politique qui fera tout pour être aimé des électeurs? Non, Dieu se suffit à lui-même. Il est Amour, preuve évidente que le christianisme n’est pas « monothéiste stricte », mais bien « Trinitairiste ». Nous croyons en un seul Dieu en Trois Personnes: Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, Trois Personne, un seul Dieu. Et ce qui unit ces Trois Personnes, c’est l’Amour. Un Amour éternel, qui ne varie pas et qui ne peut être entaché. Alors pourquoi devons-nous aimer le Dieu Amour s’il n’a pas besoin de notre amour? C’est parce qu’il nous a créé, qu’il nous comble de ses bienfaits et que nous sommes ses enfants. Lorsque des parents qui s’aiment font des enfants, ils donnent à leurs enfants tous ce dont ils ont besoin, ils s’attendent naturellement que les enfants les aiment, et personne n’ira dire: « Ces parents sont orgueilleux d’exiger l’amour de leurs enfants » les gens sont plutôt scandalisés lorsque des enfants n’aiment pas leurs parents. Il en est ainsi pour Dieu notre Créateur, il nous faut l’aimer, et non pas l’ignorer voir pire le détester.
    Aimer Dieu n’est pas simplement un sentiment. Notre vocabulaire aujourd’hui s’est un peu appauvri, comme la notion de l’amour, limité aux sentiment et à l’acte sexuel. Aimer Dieu c’est obéir à ses commandements. « Celui qui m’aime, garde mes commandements » a dit Jésus. Aimer Dieu c’est faire ce qu’il dit. Aimer Dieu implique d’aimer mon frère, car Saint Jean nous dit bien que je ne peut pas aimer Dieu que je ne vois pas, si je n’aime pas mon frère que je vois. L’amour de Dieu et du prochain est donc pratique. Oui. Bien entendu que les sentiments ont leur place. Mais attention, si je vais à la messe, je prie avec ferveur, si je fais l’aumône, si je me donne à fond pour l’Eglise, si je n’ai pas la charité, je ne suis rien. L’amour de Dieu nous pousse à agir par amour.
    Le but de l’homme est de révérer Dieu.
    Aimer Dieu nous pousse à le prier, lui rendre le culte qu’il merite, en esprit et en vérité. Je vais l’adorer, l’honorer, le louer en esprit, c’est-à dire avec de mon être, ma pensée, mon coeur, même mon corps. En vérité, selon les enseignements de l’Eglise: en toute simplicité car le Seigneur hait les coeurs partagés, les tièdes aussi. Il me faut ainsi dire mes prières avec mon coeur, combattant les idées qui me passent par la tête. Aller à la messe pour y participer. C’était la volonté du Concile Vatican II, que les fidèles facent leur rôle:
    – de prêtres en priant, en participant à la messe,
    – de roi en se sanctifiant afin de devenir des autres Christ,
    – de prophètes en témoignant de l’Evangile.
    Fini donc le ronron où l’on vient entendre la messe, où l’ont dit ses prières du matin et du soir, ainsi qu’au repas. Et que le reste du temps on vit comme si Dieu n’existait pas.
    Le but de l’homme est de servir Dieu,
    et cela découle de tout ce que nous venons de voir, une fois que l’on connait Dieu, qu’on l’aime et le vénère, nous n’avons qu’une envie est de le servir. Et servir Dieu ne concerne pas seulement les prêtres, les frères, les soeurs, les catéchistes, les missionaires, les sacristains… cela concerne chaque chrétien; car chaque chrétien est un membre de l’édifice qui est l’Eglise, le Corps du Christ, et chaque chrétien oeuvre dans la vigne du Seigneur. Servir Dieu c’est faire son devoir d’état pour lui. C’est pour, les enfants: bien travailler à l’école, obéir à leur parents, tout cela est le service de Dieu. Je suis navré quand j’entends parfois des gens dire: « Je me suis occupé de mon père, ma mère ou mon époux (épouse) malade pendant 20 ans, maintenant qu’il est mort, je peux enfin vivre, j’ai perdu vingt ans de ma vie. » Mais non, la personne qui durant toute sa vie s’occupe d’un malade, d’un enfant hadicapé, n’a pas perdu son temps, elle a servi Dieu. Tout chrétien: de la femme de ménage au roi, sert Dieu avec les talents que Dieu lui a confiés. Il est vrai que des gens comme Marthe Robin, ou Colombe, ou d’autres encore qui s’occupent de personnes en les aidant spirituellement, servent Dieu. Mais celui ou celle qui fait bien ce qu’il a à faire, sert Dieu aussi. Le service de Dieu est de vivre pour lui.
    Tiens, je vous laisse avec cette prière:

    « Mon Créateur et Seigneur souverain,
    Seigneur, ouvre mes lèvres,
    et ma bouche publiera ta louange!

    Mon Créateur et Seigneur souverain,
    tu m’a créé pour te louer!
    Fais-moi la grâce maintenant
    de te chanter haute louange.

    Seigneur, ouvre mes lèvres,
    et ma langue acclamera ta justice!

    Mon Créateur et Seigneur souverain,
    tu m’as créé pour te servir!
    Fais-moi la grâce maintenant
    de m’engager à ton service.

    Seigneur, ouvre mes lèvres,
    et ma voix proclamera tes merveilles!

    Mon Créateur et Seigneur souverain,
    tu m’as créé pour ton amour!
    Fais-moi la grâce maintenant
    de me tenir dans ton alliance. »

    (Magnificat, Vendredi 31, Prière du matin, p. 406)