Vers la purification

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« Comment se représenter le plus simplement possible l’itinéraire de purification sensible de l’âme ? Cette image voudrait y aider : comparons notre cœur à un puits. La purification du sensible prendra la forme d’un assèchement par paliers du niveau de l’eau afin de pouvoir atteindre un plus grand amour, et donc une plus grande joie. Parvenue au fond de cette fontaine, ayant atteint son cœur profond, l’âme aimera désormais sans la moindre tendance captative. Ressaisissons cela en trois grandes étapes.

Oser se jeter à l’eau

Depuis notre naissance nous avons développé un attachement captatif au créé et aux créatures, appétit quasiment inconscient, qui se traduit par une recherche de joie pour moi : « L’âme, précise saint Jean de la Croix, se repaît et se nourrit, par le moyen de l’appétit sensible, de tous les objets qui peuvent se goûter par les sens.» Dans un langage moins abstrait la petite Thérèse écrit : « Beaucoup servent Jésus quand il les console, mais peu consentent à tenir compagnie à Jésus dormant sur les flots ou souffrant au jardin de l’agonie !… Qui donc voudra servir Jésus pour lui-même ? »

Se laisser assécher

A travers les événements, les déserts intérieurs, les déceptions affectives, l’esprit va opérer un « assèchement » de ces différents appétits goulus qui ramènent à soi. C’est comme si le puits était progressivement asséché de son eau, obligeant à descendre de plus en plus profond dans le cœur pour y trouver la source vive. « L’âme qui met son affection dans la créature ne peut s’adapter à Dieu, et tant qu’elle ne s’en détachera point, elle ne pourra (…) jouir de Dieu ici-bas par la transformation de l’amour », dit à nouveau le maître du Carmel. Qu’il est rude ce creuset asséchant, d’autant que le travail divin qui se réalise en nous est si profond qu’on a l’impression que Dieu nous laisse littéralement tomber !

Dans le fond du puits

Progressivement purifié dans ma manière d’aimer les choses et les personnes, je vais passer d’une joie pour moi à une joie pour toi. C’est-à-dire d’une jouissance d’amour recherchée pour elle-même à la joie profonde résultant du don désintéressé de soi. Lors de sa guérison de Noël 1886, Thérèse de Lisieux décrit merveilleusement cette entrée dans ce que nous appelons la joie pour toi : « Je sentis en un mot la charité entrer dans mon cœur, le besoin de m’oublier pour faire plaisir et depuis lors je fus heureuse ! »

Père Joël Guibert, L’art d’être libre, Paris, Editions de l’Emmanuel, 2013, 37-38

 

Illustration: saint Jean de la Croix

15 commentaires sur “Vers la purification
  1. Espérance dit :

    « La petite Thérèse écrit :
    « Beaucoup servent JESUS quand il les console,
    mais peu consentent à tenir compagnie à JESUS
    dormant sur les flots ou souffrant au jardin de l’agonie !…
    Qui donc voudra servir JESUS pour lui-même ? » »
    Père Joël Guibert

    « Au sein d’Israël, le refus de certains d’accueillir son FILS,
    permettra à notre PERE céleste
    de révéler la toute-puissance de Sa miséricorde,
    en construisant le Royaume sur la PIERRE REJETEE,
    choisie comme PIERRE d’ANGLE:
    « C’est là l’ŒUVRE du SEIGNEUR,
    une MERVEILLE à nos yeux! »

    Ce Royaume c’est l’EGLISE du CHRIST,
    composée de Juifs et de païens convertis,
    qui est appelée tout comme Israël
    à porter un fruit de vie éternelle.
    Cette EGLISE, nous en sommes membres
    depuis le jour de notre BAPTEME.
    Ce jour-là, pour reprendre une autre allégorie de la VIGNE
    – que l’on trouve cette fois dans saint Jean -,
    nous avons été greffés sur le CHRIST,
    comme les sarments sur le cep de la VIGNE (Jean 15).

    Comme Le PERE a envoyé son FILS dans le monde
    pour réaliser SA MISSION REDEMPTRICE,
    de la même manière, le CHRIST nous envoie pour collaborer
    à son œuvre de REDEMPTION.

    Il est vrai que les fruits de notre sarment
    ne sont pas toujours immédiats ou visibles
    mais nous ne pouvons douter que si nous restons unis au CHRIST
    comme le sarment uni au cep, nous porterons un fruit qui demeure.
    Produire ainsi du fruit c’est rendre gloire à DIEU
    parce que c’est contribuer à la croissance
    de SON ROYAUME de JUSTICE, de PAIX et de MISERICORDE. »

    Frère Elie, Famille de Saint Joseph
    http://www.homelies.fr/homelie,ferie.de.careme,4131.html

    • Espérance dit :

      Sainte Colette
      1381-1447. Orpheline à 18 ans.
      Fêtée le 6 mars.

      « Elle reforma les monastères de clarisses
      et les ramena à la rigueur
      voulue initialement par Sainte Claire.
      Sainte patronne de Corbie. (Picardie) »

      Prions en Eglise

      « Je vous recommande toujours la sainte Règle,
      que vous preniez bien garde
      que tout soit bien fait et bien gardé,
      afin que, de la charge qui vous est commise,
      vous puissiez rendre bon compte à DIEU.
      Le labeur est bref mais le repos est long.

      Sainte Colette à ses sœurs – 18 juillet 1446

  2. Espérance dit :

    « Dans le fond du puits »
    Père Joël Guibert

    « Israël, c’est-à-dire Jacob,
    aimait Joseph plus que tous ses autres enfants,
    parce qu’il était le fils de sa vieillesse,
    et il lui fit faire une tunique de grand prix.
    En voyant qu’il leur préférait Joseph,
    ses autres fils se mirent à détester celui-ci,
    et ils ne pouvaient plus lui parler sans hostilité.

    Les frères de Joseph étaient allés à Sichem
    faire paître le troupeau de leur père.
    Israël dit à Joseph:
    « Tes frères ne gardent-ils pas le troupeau à Sichem?
    Va donc les trouver de ma part! »

    Joseph les trouva à Dotane.
    Ceux-ci l’aperçurent de loin et,
    avant qu’il arrive près d’eux,
    ils complotèrent de le faire mourir.
    Ils se dirent l’un à l’autre:
    « Voici l’expert en songes qui arrive!
    C’est le moment, allons-y, tuons-le,
    et jetons-le dans une de ces citernes.
    Nous dirons qu’une bête féroce l’a dévoré,
    et on verra ce que voulaient dire ses songes! »

    Mais Roubène les entendit,
    et voulut le sauver de leurs mains.
    Il leur dit: « Ne touchons pas à sa vie. »
    Et il ajouta: « Ne répandez pas son sang:
    jetez-le dans cette citerne du désert,
    mais ne portez pas la main sur lui. »
    Il voulait le sauver de leurs mains
    et le ramener à son père.

    Dès que Joseph eut rejoint ses frères,
    ils le dépouillèrent de sa tunique,
    la tunique de grand prix qu’il portait,
    ils se saisirent de lui et le jetèrent dans la citerne,
    qui était vide et sans eau.
    Ils s’assirent ensuite pour manger.
    En levant les yeux,
    ils virent une caravane d’Ismaélites
    qui venait de Galaad.
    Leurs chameaux étaient chargés
    d’aromates, de baume et de myrrhe
    qu’ils allaient livrer en Égypte.

    Alors Juda dit à ses frères:
    « Quel profit aurions-nous à tuer notre frère
    et à dissimuler sa mort?
    Vendons-le plutôt aux Ismaélites
    et ne portons pas la main sur lui,
    car il est notre frère, notre propre chair. »

    Ses frères l’écoutèrent.
    Des marchands madianites qui passaient par là
    retirèrent Joseph de la citerne,
    ils le vendirent pour vingt pièces d’argent aux Ismaélites,
    et ceux-ci l’emmenèrent en Égypte.

    Livre de la Genèse 37: 3-4.12-13a.17b-28
    « Voici l’expert en songes qui arrive! Allons-y, tuons-le »

    • Espérance dit :

      « DIEU A PLUS D’UN TOUR DANS SON SAC ! »

      « Comment Jacob aurait-il pu imaginer
      que Joseph, son fils bien-aimé,
      serait victime de la jalousie de ses frères?

      Comment le propriétaire de la vigne aurait-il pu penser
      que ses vignerons ne respecteraient pas son fils,
      au point de le tuer?
      A fortiori, comment DIEU
      pourrait-il cesser d’aimer ses enfants?

      « Là où le péché s’est multiplié, affirme Paul,
      La GRACE a surabondé » (Romains 5:20).
      Trahi par ses frères, Joseph les sauve de la famine.
      « Pierre rejetée par les bâtisseurs »,
      Le CHRIST devient « LA PIERRE d’ANGLE ».

      Ne perdons pas courage devant la violence
      présente en nous et autour de nous.
      DIEU a plus d’un tour dans Son sac ! »

      Père Thibault Van Den Driessche
      [Genèse 37, Saint Matthieu 21]
      Prions en Eglise

      • Espérance dit :

        « SOUVENEZ-VOUS DES MERVEILLES
        QUE LE SEIGNEUR A FAITES. »

        « Cherchez Le SEIGNEUR et Sa puissance,
        souvenez-vous des merveilles qu’IL a faites,
        vous, la race d’Abraham son serviteur,
        les fils de Jacob, qu’IL a choisis.

        IL appela sur le pays la famine,
        le privant de toute ressource.
        Mais devant eux IL envoya un homme,
        Joseph, qui fut vendu comme esclave.

        SOUVENEZ-VOUS DES MERVEILLES
        QUE LE SEIGNEUR A FAITES.

        On lui met aux pieds des entraves,
        on lui passe des fers au cou;
        il souffrait pour La Parole du SEIGNEUR,
        jusqu’au jour où s’accomplit sa prédiction.

        Le roi ordonne qu’il soit relâché,
        le maître des peuples, qu’il soit libéré.
        Il fait de lui le chef de sa maison,
        le maître de tous ses biens. »

        « SOUVENEZ-VOUS DES MERVEILLES
        QUE LE SEIGNEUR A FAITES. »

        Psaume:104 (105)

        • Espérance dit :

          « Louange à Toi, SEIGNEUR, Roi d’Eternelle Gloire !

          DIEU a tellement aimé le monde
          qu’IL a donné Son FILS unique,
          afin que ceux qui croient en Lui
          aient la vie éternelle.

          Louange à Toi, SEIGNEUR, Roi d’Eternelle Gloire ! »

          Saint Jean 3:16

  3. colombe dit :

    Comme tout est bien expliquer Patric merci .Il est vrai que beaucoup veulent évincer Géthsémani; c’est trop dur, ça fait peur certes, mais c’est la que l’on retrouve celui qui nous appelle a vivre un abandon et une grande confiance, car dans ces heures douloureuses,le saint de DIEU nous purifie et nous transforme a son image. Il nous donne d’être des enfants de DIEU soumis a la sainte volonté du Père: ne rien voir, ne rien sentir, être tout simplement disposé a suivre notre maitre, a l’aimer et a le servir.Le dépouillement le détachement, se retrouver nu comme a notre naissance, voila la joie des enfants bien aimés de DIEU a laquelle nous devrions accéder, pour qu’il nous habille de sa splendeur de sa lumière et qu’il nous purifie et nous sanctifie.Tout cela ça fait mal mais étant porté par la grâce tout sera plus simple.Merci pour tous ces modèles de saints que tu nous a laissé et qui nous aideront a gravir la montagne aride de la sainteté mais oh combien belle et enrichissante.

    • Chenaux Patric dit :

      Merci Colombe et merci aussi pour votre excellent commentaire si clair.

      • SYLVIE dit :

        Merci encore Colombe et Patric. Il est difficile de se sentir complètement détachée pour être Libre. Cela signifie t’il que ma foi n’est pas suffisamment profonde ? Je suis tellement inquiéte pour l’avenir de nos enfants dans une France maltraitée et transformée !

        • Chenaux Patric dit :

          Oui, il est difficile de vivre en étant détaché. Saint Paul le dit en parlant de ceux qui, mariés, doivent se soucier des choses de ce monde. L’important, Sylvie, c’est que vous le constatiez dans votre vie et que vous y aspiriez de tout votre coeur. Votre foi, aussi petite soit-elle, peut déplacer les montagnes, nous dit Jésus. Il vous faut simplement persévérer et avancer un pas après l’autre. La prière et la méditation du Rosaire sont des bons moyens pour apprendre le détachement et surtout pour demander à la Sainte Vierge son aide. Alors haut les coeurs, Sylvie, c’est en vous tournant vers le Seigneur que vous arriverez de plus en plus à vivre ce détachement.
          Oui, l’avenir de nos enfants dans cette France apostate peut nous inquiéter. Mais là encore, il vous faut tout remettre entre les mains du Seigneur. « Ne vous inquiétez de rien » nous dit le Seigneur. Il suffit que vous fassiez votre devoir d’enfant de Dieu et le Seigneur se chargera du reste. Voilà une grande consolation car Dieu est fidèle à ses promesses, à son alliance.
          Nos enfants devront vivre en chrétiens dans un monde peut-être encore plus difficile, mais ils pourront compter sur le Seigneur… et sur vous. Car si au ciel, nous nous reposons de nos oeuvres, le repos de Dieu n’est pas la farniente maus c’est oeuvrer en Dieu. Voilà pourquoi le jour de repos n’est plus le samedi mais le dimanche. Dans l’Ancien Testament, le peuple de Dieu vivait dans l’attente du repos que le sabbat préfigurait. Le Messie est venu et a inauguré la Nouvelle Alliance où le peuple de Dieu vit dans le repos. Jésus est ressuscité le premier jour de la semaine, le dimanche. Ainsi nous commençons la semaine par le repos, pour vivre ensuite, chaque jour, dans ce repos, préfiguration du repos éternel.
          Alors, au ciel, dans ce repos éternel commencé, vous allez oeuvrer en louant Dieu et en intercédant pour vos enfants. « Ayez confiance » (saint Jean-Paul II).

          • SYLVIE dit :

            MERCI PATRIC. J’admire votre grande foi. Que Dieu vou bénisse. Vous êtes dans mes prières.

      • colombe dit :

        Chère amie en JÉSUS SAUVEUR Sylvie, votre Foi est celle des enfants de DIEU .Ne doutez pas votre foi est la en vous et tout doucement elle prend racine pour devenir une belle plante que Marie arrosera chaque jour.Vous ne sentez rien, sa Majesté sait mieux que nous ce qui vous convient.Offrez lui votre journée vos souffrances et surtout vos enfants.Cela est un détachement que moi même je fais pour vivre ma foi librement Et JÉSUS portera tout, croyez le et ainsi vous serez plus libre et l’inquiétude vous quittera.Je vous souhaite une bonne journée et merci de vos prières soyez assurée des miennes .Très grande union avec vous.

        • SYLVIE dit :

          Merci Colombe pour votre grand soutien. J’admire aussi votre grande foi. Vous demeurez dans mes prières et plus particulièrement lundi.

          • Chenaux Patric dit :

            Excusez-moi Colombe de répondre ici à Sylvie, car je n’arrive pas ci-dessus. Sylvie je vous remercie, mais ne m’admirez pas mon amie, c’est moi qui vous admire. Ou plutôt admirons ensemble ce que Notre Seigneur fait en chacun de nous, par son Esprit. Saint Paul dit que l’oeuvre que le Seigneur a commencé une oeuvre en chacun d’entre nous. Cette oeuvre aboutira, il nous suffit de vouloir être sauvé et de faire ce que nous pouvons avec ce que nous avons, ceci chaque jour, en nous servant des moyens que Dieu nous donne et en le faisant par amour. Que Dieu vous bénisse Sylvie, qu’il vous garde dans son amour infini.

  4. Chenaux Patric dit :

    Liberté. C’est le mot aujourd’hui. Pourtant nous ne sommes pas libres tant que nous ne sommes pas détachés. Naturellement nous nous attachons au sensible. La recherche du sensible est pour soi. C’est un piège fort dangereux qui nous écarte de la fin pour laquelle nous avons été crééés, l’union avec Dieu.
    Dans sa montée du Carmel, saint Jean de la croix nous parle du détachement du sensible. « Rien, rien, rien, rien ». Ces mots résument notre propre montée de la montagne sainte à la rencontre de notre Dieu. Il s’agit du détachement de tout ce qui est sensible.
    Cela n’est pas réservé aux moines, aux prêtres ou aux vies consacrées. Car notre vie à toutes et à tous, est consacrée. Soit que nous vivions, soit que nous mourrions, nous sommes au Seigneur, nous dit saint Paul. Alors vivont détachés. C’est important. Beaucoup de chrétiens recherchent le sensible. Ils veulent voir des signes, des miracles, ressentir la présence de Jésus. Ils admirent l’Eglise de Corinthe avec toutes ces manifestations: prophéties, parler en langues, miracles. Pourtant il s’agit de l’enfance de l’Eglise. Le Seigneur veut que nous devenions, en matière de doctrine et de foi, des adultes. L’enfance est demandée dans le sens de croire ce que dit le Seigneur soit dans la Bible soit dans l’enseignement de l’Eglise, comme un enfant croit son papa ou sa maman qui lui parlent.
    Renoncer au sensible pour avoir Jesus-Christ. Saint Jean de la Croix nous explique, dans sa montée du Carmel, les danger du sensible. Il nous encourage à rechercher Dieu sans avoir aucune vision. Même, il dit que si Jésus ou Marie nous apparaissent, il faut les rejeter en premier lieu, car il se pourrait fort bien que ce soit le démon qui nous tente. Il sait, le diable, que nous cherchons toujours le sensible. Si la vision vient bien de Notre Seigneur ou de la Sainte Vierge, elle ne partira pas et nous saurons qu’elle n’est pas démoniaque si elle ne nous porte pas à l’orgueil. Sainte Thérèse de Jésus voyait souvent le Seigneur, ce dernier la grondait parfois, jamais il ne la caressait jamais dans le sens du poil par des flatteries; et les épreuves ne manquaient pas dans la vie de la sainte. Saint Jean de la Croix nous enseigne que nous ne devons pas nous attacher aux visions, aux songes ou aux paroles substantielles, si nous en beneficions. Nous devons même vivre comme si nous n’en avons pas et en parker à notre confesseur qui nous dira quoi en penser.
    Mais le détachement, dans notre vie spirituelle, ne concerne pas seulement les visions ni le fait de ressentir l’amour de Jésus. Car peu de chrétiens bénéficient de visions ou songes. Et saint Jean de la Croix disait: heureux ceux qui ne bénéficient d’aucune manifestation sensible. Soeur Emmanuelle témoignait un jour qu’elle n’a jamais rien ressenti, même en prenant la communion. Cela ne l’a pas gênée car elle savait que le Seigneur l’aimait et cela lui suffisait. Bel exemple de détachement.
    Le détachement concerne toute chose sensible. Sur le plan religieux, notre église, notre prêtre, notre évêque, nos frères et soeurs, telle statue, tel crucifix, tel lieu de pèlerinage … la liste est longue. S’attacher, c’est rater l’essentiel qui est Jésus Christ. Un jour, une dame me dit: vous trouvez normal que des femmes distribuent la communion, et puis cette liturgie de Vatican II ne vaut pas l’ancienne, et puis patati et patata. Je lui ai expliqué, qu’à force de se poser de telles questions, d’aller à la messe avec de telles attaches, elle ratait l’essentiel: Jésus Christ. Je l’ai exhortée à avoir confiance en l’Eglise, en ce qui concerne la liturgie. La confiance est un détachement, elle nous libére et nous empêche de perdre notre temps à ruminer pendant la messe, elle nous donne de pouvoir nous laisser conduire dans la rencontre du Christ lors de l’Eucharistie.
    Sur le plan de la vie de tous les jours, le détachement nous permet de vivre entièrement tournés vers le Seigneur. Mais attention, se détacher ne veut pas dire ne plus rien faire, ne plus s’occuper des choses matérielles, ne plus affronter les soucis quotidiens comme l’éducation des enfants, le travail, les devoirs du citoyen, le bien être de son conjoint, se soigner lorsqu’on est malade… Se détacher ne veut pas dire non plus qu’on ne va pas aimer la musique, le théâtre, le cinéma, la lecture… non, non. Le détachement c’est user de tout ce qui est bon sans nous attacher. Le danger est de nous attacher aux choses que nous avons, car elles vont être un frein dans notre purification et ternir notre joie.
    Ainsi nous pouvons vivre dans cette vie en nous attachant à rien ici-bas. Le jeune homme riche n’a pas pu suivre Jésus car il était attaché à ses richesses. Il n’était pas un bandit, il aimait la loi, veillait à l’appliquer, mais voilà, il était attaché à ses biens. Il quitta Jésus en étant triste car non purifié de sa convoitise. Donc il nous faut nous attacher à rien. Ainsi nous serons heureux car, nous dit saint Jean de la Croix, si nous ne nous attachons à rien nous avons tout et ce tout est Dieu.
    Le détachement est une purification intérieure profonde, il nous permet de rencontrer Dieu sans attache et de le laisser nous aimer, nous sactifier, nous déifier. C’est notre joie. « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur » nous dit saint Paul. Impossible de se réjouir pleinement avec une atrache, aussi petite soit-elle.