La prière, un désir formé dans la foi

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« Pourquoi Dieu agit-il ainsi, puisqu’il connaît ce qui nous est nécessaire, avant même que nous le lui demandions ? Nous pourrions nous en inquiéter, si nous ne comprenions pas que le Seigneur notre Dieu n’a certes pas besoin que nous lui fassions connaître notre volonté car il ne peut l’ignorer, mais qu’il veut par la prière exciter et enflammer nos désirs, pour nous rendre capables de recevoir ce qu’il nous prépare. Or ce qu’il nous prépare est chose fort grande, et nous sommes bien petits et bien étroits pour le recevoir. C’est pourquoi il est dit :« Dilatez-vous ; ne portez pas un même joug avec les infidèles » (2 Co 6,14). Oui, c’est chose bien grande, que l’œil n’a jamais vue parce qu’elle n’a pas de couleur, que l’oreille n’a jamais entendue parce qu’elle n’a pas de son ; qui n’est pas venue dans le cœur de l’homme, parce que c’est vers elle que le cœur de l’homme doit monter (1 Co 2,9). Nous serons d’autant plus capables de la recevoir que notre foi en elle sera plus grande, notre espérance plus ferme, notre désir plus ardent.
Un désir continuel formé dans la foi même, dans l’espérance et la charité, est donc une continuelle prière. Cependant nous prions aussi Dieu verbalement à certaines heures et à certains temps fixés, pour nous avertir par ces signes concrets, pour nous révéler à nous-mêmes les progrès que nous avons faits dans le désir et nous exciter à le rendre plus ardent encore. Car l’effet de notre prière sera d’autant plus précieux que plus fervente aura été l’affection qui le précède. Lorsque l’Apôtre nous dit : « Priez sans cesse » (1 Th 5,16), n’est-ce pas comme s’il disait : Désirez sans cesse recevoir de celui qui seul peut la donner, cette vie bienheureuse qui n’est autre que la vie éternelle ? Désirons-la donc toujours du Seigneur et nous prierons toujours. Mais comme d’autres soins, d’autres affaires peuvent attiédir notre désir, nous rappelons à certaines heures notre esprit à la prière. Les paroles que nous prononçons en priant, dirigent et élèvent notre esprit vers l’objet de notre désir, et l’empêchent de se refroidir complètement quand il commence à s’attiédir ; il s’éteindrait même totalement, faute d’être ranimé fréquemment. Quand le même Apôtre nous dit : « Que vos demandes se manifestent devant Dieu » (Ph 4,6), cela ne signifie pas que nous puissions les faire connaître à Dieu qui en avait connaissance avant qu’elles fussent formulées, mais que nous devons nous les manifester à nous-mêmes devant Dieu avec patience et non devant les hommes avec une vaine jactance. »

Saint Augustin, « Lettre 130 à Proba », trad. de Martin Steiner, dans La prière en Afrique chrétienne, Paris, 1982, Desclée de Brouwer, p. 116-139.

 

Illustration: saint Augustin par Sandro Boticelli (1480) Eglise Ognissanti à Florence

6 commentaires sur “La prière, un désir formé dans la foi
  1. colombe dit :

    Chers frères et sœurs en JÉSUS SAUVEUR
    Après ces quelques jours a LISIEUX en pèlerinage, je me retrouve avec vous par écrit.Mes pensées ont été chaque jour avec vous et surtout avec les grands malades de la neuvaine, étant moi même très malade.Je puis vous assurer que la grâce m’a portée toute cette semaine,et je vous ai déposés tous ainsi que tout ceux que vous portez dans votre cœur.J’ai tout confie a Thérèse au pied de son lit pour les malades , ainsi que devant sa chasse MARIE la reine de nos âmes a donne a son fils adorable toutes vos intentions de prières que je lui ai déposées devant la vierge du sourire ; demandez et vous recevrez .Je crois que certains de vos cœurs ont été touchés par la grâce.Et je me réjouis pour cela car DIEU veut toucher le plus d’âmes possible, pour les ramener dans son bercail; il laisse celles qui avancent pour chercher ceux qui trainent.Je crois a la miséricorde de DIEU qui sera cette année a l’honneur, et plus que jamais les entrailles du père vont s’ouvrir pour nous mêmes, ceux que nous portons et pour notre chère FRANCE.Je suis en union de prières avec de nombreuses personnes rencontrées en pèlerinage: du brésil, des iles marquises etc tous nous sommes unies par cette force invisible de celui qui nous dirige et nous fortifie, par la grâce et l’abandon nous recevrons .Nicolas si vous suivez la neuvaine sachez que je donne Odile et Erwan (9ans) a la divine miséricorde ainsi que leurs familles et vous même qui intercèdent pour eux.Je confie également ceux qui cheminent avec moi depuis le début de la neuvaine.Et reconnaissons que nous avons eu des signes mais souvent nous passons a coté sans les voir.Ouvrons grand nos cœurs pour nous préparer a la fin de la gestation, ou avec MARIE les anges et les saints notre France sera sous le manteau de MARIE et avec notre FOI espérons tous et croyons c’est cela notre force.Imaginons nous toute ses prières ou MARIE a enchainé le malin depuis neuf mois que nous prions.Voila notre force la prière et toujours la prière elle seule vaincra . Bon Dimanche a vous tous amis de la neuvaine et surtout bonne dernière ligne droite jusqu’au 15 Aout.

  2. colombe dit :

    Bonsoir Sylvie, a partir de se soir je vous porte dans ma prière. Il faut garder confiance et vivre l’abandon.

  3. colombe dit :

    La prière est une douceur pour l’âme, un lien entre le ciel et la terre; c’est être unis a l’être aimé notre DIEU qui peut tout. DIEU pourrait nous exaucer sans qu’on lui demande mais il aime que l’on s’adresse a lui.Demandez et vous recevrez , et notre foi aidant nous pouvons croire et espérer a être exaucé dans nos demandes de prières.Personnellement j’ai reçu de notre DIEU une grande guérison cardiaque, il y a quelques années déjà. Il est le tout puissant et il peut tout selon le plan d’amour qu’il a sur nous, et toutes les fois ou j’ai constate l’action de la prière pour mes frères et sœurs souffrants OUI prions et demandons avec foi confiance et abandon comme un petit enfant vers sa maman . Notre père est si bon si généreux, il aime donner a celui qui demande; alors, crions vers lui et prions sans cesse.

    • SYLVIE dit :

      Votre témoignage est beau Colombe, il me permet de ne pas désespérer afin que mes prières s’exhaussent également pour guérir et vivre mieux

  4. Chenaux Patric dit :

    C’est bien parce que Dieu connait ce qui nous est nécessaire, que nous pouvons, devons, le prier. Il y a des gens qui disent ne pas prier pour eux – mêmes mais seulement pour les autres. Voilà bien une fausse humilité. Dieu veut qu’on le prie, pour les autres, oui, mais aussi pour nous-mêmes. En agissant ainsi nous nous montrons fils de notre Père. Un Père qui sait ce dont nous avons besoin, avant que nous ne le lui demandions. Voilà qui nous assure de sa réponse aimante et cela doit nous conduire à ne pas demander à Dieu n’importe quoi. A bien y réfléchir, en lisant saint Augustin, nous voyons bien que c’est toujours la petite voie qui nous est proposée. Et c’est bien ainsi, Dieu est Dieu, cela ne peut que nous encourager à le prier avec ce profond désir dont parle le saint et qui est déjà une prière continuelle: « Un désir continuel formé dans la foi même, dans l’espérance et la charité ».
    Encore merci pour ces beaux textes que vous nous donnez à méditer.