Construire une liberté commune

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« Je suis convaincu, en effet, que les Nations ne doivent jamais accepter de voir disparaître ce qui fait leur identité propre. Dans une famille, les différents membres ont beau avoir le même père et la même mère, ils ne sont pas des individus indifférenciés, mais bien des personnes avec leur propre singularité. Il en va de même pour les pays, qui doivent veiller à préserver et développer leur culture propre, sans jamais la laisser absorber par d’autres ou se noyer dans une terne uniformité. « La Nation est en effet, pour reprendre les termes du Pape Jean-Paul II, la grande communauté des hommes qui sont unis par des liens divers, mais surtout, précisément, par la culture. La Nation existe « par » la culture et « pour « la culture, et elle est donc la grande éducatrice des hommes pour qu’ils puissent « être davantage » dans la communauté» (Discours à l’UNESCO, 2 juin 1980, n. 14). Dans cette perspective, la mise en évidence des racines chrétiennes de la France permettra à chacun des habitants de ce Pays de mieux comprendre d’où il vient et où il va. Par conséquent, dans le cadre institutionnel existant et dans le plus grand respect des lois en vigueur, il faudrait trouver une voie nouvelle pour interpréter et vivre au quotidien les valeurs fondamentales sur lesquelles s’est construite l’identité de la Nation. Votre Président en a évoqué la possibilité. Les présupposés sociopolitiques d’une antique méfiance, ou même d’hostilité, s’évanouissent peu à peu. L’Église ne revendique pas la place de l’État. Elle ne veut pas se substituer à lui. Elle est une société basée sur des convictions, qui se sait responsable du tout et ne peut se limiter à elle-même. Elle parle avec liberté, et dialogue avec autant de liberté dans le seul désir d’arriver à la construction de la liberté commune. Une saine collaboration entre la Communauté politique et l’Église, réalisée dans la conscience et le respect de l’indépendance et l’autonomie de chacune dans son propre domaine, est un service rendu à l’homme, ordonné à son épanouissement personnel et social. De nombreux points, prémices d’autres qui s’y ajouteront selon les nécessités, ont déjà été examinés et résolus au sein de l’ «Instance de Dialogue entre l’Église et l’État». En vertu de sa mission propre et au nom du Saint-Siège, le Nonce Apostolique y siège naturellement, lui qui est appelé à suivre activement la vie de l’Église et sa situation dans la société. (…) L’année qui a précédé mon élection au Siège de Pierre, j’ai eu la joie de venir dans votre pays pour y présider les cérémonies commémoratives du soixantième anniversaire du débarquement en Normandie. Rarement comme alors, j’ai senti l’attachement des fils et des filles de France à la terre de leurs aïeux. La France célébrait alors sa libération temporelle, au terme d’une guerre cruelle qui avait fait de nombreuses victimes. Aujourd’hui, c’est surtout en vue d’une véritable libération spirituelle qu’il convient d’œuvrer. L’homme a toujours besoin d’être libéré de ses peurs et de ses péchés. L’homme doit sans cesse apprendre ou réapprendre que Dieu n’est pas son ennemi, mais son Créateur plein de bonté. L’homme a besoin de savoir que sa vie a un sens et qu’il est attendu, au terme de son séjour sur la terre, pour partager à jamais la gloire du Christ dans les cieux. Votre mission est d’amener la portion du Peuple de Dieu confiée à vos soins à la reconnaissance de ce terme glorieux. Veuillez trouver ici l’expression de mon admiration et de ma gratitude pour tout ce que vous faites afin d’aller en ce sens. Veuillez être assurés de ma prière quotidienne pour chacun de vous. Veuillez croire que je ne cesse de demander au Seigneur et à sa Mère de vous guider sur votre route. »

Benoit XVI, Discours aux évêques de France, le 14 septembre 2008 à Lourdes

6 commentaires sur “Construire une liberté commune
  1. Patric Chenaux dit :

    Il semble que les choses en France ne se sont pas améliorées depuis ce message de Benoît XVI, même on ne parle plus de Clovis sur les manuels scolaires (je me trompe peut-être). Ce que je remarque dans les médias c’est quand même une hostilité croissante envers les catholiques. Les hommes et femmes politiques catholiques n’affichent même pas leur foi. La seule qui l’a fait, c’est Madame Christine Boutin. Mais alors ce qu’elle peut être rabaissée.
    Ce qui me sidère c’est l’Etat laïque (sans Dieu) qui se permet de se dire protecteur des religions, de se mêler même de la foi de certaines, de considérer toutes les religions comme égales. Et nous savons bien que tout cela est du mensonge. Et qui est le prince du mensonge si ce n’est le diable?
    Sur internet, certains me considèrent comme un échappé du Moyen Age, mais ils ne connaissent pas le Moyen Age et ne peuvent comprendre ces gens qui du matin au soir savaient que Dieu existe et qu’il veille. Aujourd’hui la religion n’est plus considérée comme importante dans la vie du pays. On se moque de Dieu et on s’étonne des catastrophes que l’on voit ou subit. Même des catholiques ont une foi branlante, ils ne connaissent pas la Bible, très peu leur catéchisme: de se fait, ils pensent comme ceux qui ne se fient qu’au nouvel oracle qu’est la télévision ou pas mieux les nouveaux prophètes, les scientifiques.
    De fausses idées sur Dieu circulent et la foi catholique s’affaiblit. Pas étonnant que les sectes rencontrent un certain succès si les chrétiens ne connaissent plus la foi qui a fait les grands saints. Vous me direz que certains saints etaient ignorants, oui, au début, mais par la suite. Et puis ce sont des saints, ils en ont passé du temps dans la prière dans un tête à tête avec Dieu.
    Pour construire une liberté commune en France, il faut absolument qu’elle redevienne la Fille aînée de l’Eglise. Absolument, parce que c’est en suivant la Loi de Dieu que nous serons libres. Enfin c’est pas simple, il y a les enfants de Dieu, les chrétiens qui, en Christ, sont libres. Car ils ont été libérés de l’esclavage du péché et de la mort par Jésus Christ. Libres, ils peuvent mettre en application les commandements de Dieu tels que l’Eglise les enseigne. Ceci concerne tous les français du plus petit au chef de l’Etat. D’ailleurs un état démocratique et chrétien peut très bien exister. Simplement que la politique se fera dans le cadre de l’enseignement de l’Eglise. Ensuite les non chrétiens, car on ne peut pas obliger tout le monde à devenir chrétiens, auront leur place dans le pays. Ils pourront y vivre en respectant les lois du pays. Et si cela ne leur convient pas, ils sont libres de partir. C’est trop dur? Non c’est ainsi que nous devons vivre en respectant le Seigneur.
    Je viens d’un pays qui est depuis sa fondation, chrétien. Sa constitution commence ainsi « Au nom de Dieu, tout puissant ». Et son drapeau porte la croix du Christ. Elle est blanche sur fond rouge. Son message: « Le sang du Christ nous purifie de tous péchés ». Aujourd’hui le rejet de l’Evangile est visible dans mon pays: dans des cantons plus que dans d’autres. Mais pendant des siècles, pour faire partie du gouvernement, il fallait être un chrétien engagé dans sa paroisse. Mais cela est terminé.
    Pour une liberté commune, oui l’autorité politique et l’Eglise doivent avoir leur indépendance propre. Mais il doit y avoir absolument des points de contacts. Exemple: l’Etat ne peut pas faire passer des lois qui désobéissent à l’Evangile, et les évêques ne depasseront pas les vitesses autorisées sur la route. Cela s’est fait dans mon pays qui compte 24 cantons, qui ont chacun des lois propres. Il existe aussi des lois fédérales qui concernent tous les cantons. Alors la France où tout est centralisé à Paris, cela devrait être plus simple. Mais voilà, il faut un changement radical du coeur. Relisez le Nouveau Testament, il ne peut y avoir d’alliances entre les ténèbres et la lumière. Pour que nous arrivions à une liberté commune, je ne vois pas un autre acte que celui d’une profonde repentance.
    Je sais, je l’ai déjà écrit, et je lasse peut-être. Mais n’importe, c’est la vérité. Il nous faut des prophètes! Des hommes, des femmes qui parlent de l’Evangile de Jésus Christ. Non! l’Islam, le judaïsme, le bouddhisme, l’athéisme ne sauvent pas. Oui, il y a des vérités dans ces religions, et certaines personnes peuvent être sauvées si elles ont bien pratiqué leur religion et cherché la justice et le pardon de Dieu, sans connaître le christianisme. Mais nous ne pouvons pas compter là-dessus, car quel est le mandat de l’Eglise? Quel est notre mandat en tant que chrétiens?
    Jésus n’a pas dit: « Reposez-vous sur le fait que chaque non chretien peut être sauvé parce qu’il aura bien vécu. » Saint Paul nous dit que le salut est par la foi. La foi et les oeuvres d’obéissance à la parole de Jésus Christ: « Vas et ne pêche plus » dit Jésus. Cela veut dire, vas et vis en bon chrétien, si tu pèches par faiblesse, repens-toi et lève-toi puis marche en avant.
    C’est dans ce contexte chrétien et sain que la France pourra construire une liberté commune. Je termine par une citation de l’extrait du discours de Benoît XVI.

    « L’homme a toujours besoin d’être libéré de ses peurs et de ses péchés. L’homme doit sans cesse apprendre ou réapprendre que Dieu n’est pas son ennemi, mais son Créateur plein de bonté. L’homme a besoin de savoir que sa vie a un sens et qu’il est attendu, au terme de son séjour sur la terre, pour partager à jamais la gloire du Christ dans les cieux. Votre mission est d’amener la portion du Peuple de Dieu confiée à vos soins à la reconnaissance de ce terme glorieux. »

    • Edith dit :

      Très beau idéal mais on n’est pas encore la . Moi petite fille j »ai beaucoup souffert et ma famille aux premières loges des communistes en banlieue parisienne parce que mes parents ėtait engagės politiquement. Ils ont ėtė notre ruine et mon père en est mort prématurément. Heureusement que mon grand père m’à payė l’École catholique l’école laïque ėtait un cauchemar. La société consacré å son Seigneur formeraient des citoyens plus harmonieux et libres, responsables et justes, les hôpitaux et les prisons seraient moins remplis… et nous manquerions moins de prêtres, L’Église serait respectėe et la loi aussi. Je vous souhaite de bonnes choses en ces temps gris et la grâce du Ciel, de NOTRE PÈRE.

      • Patric Chenaux dit :

        Merci pour ce témoignage important. Ce n’est pas un idéal en fait c’est ce qui doit être, et si nous revenons pas au Seigneur: lire dans la Bible, Deutéronome, chapitre 28 à partir du verset 15.

    • colombe dit :

      Amen et merci

    • colombe dit :

      amen amen amen