L’indispensable union entre conviction et responsabilité

Cardinal-Vingt-Trois
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«  Je crois de moins en moins que l’on puisse tenir la position qui consiste à dire : « j’ai des convictions mais elles ne me servent pas », c’est-à-dire à afficher des convictions pour se concilier un électorat et lui dire ensuite : « Je m’excuse, mais je suis pris par des contraintes de l’intérêt général ou de l’ordre public. » Il n’est pas possible, comme candidat, de faire une réponse plus belle que celle du catéchisme de l’Eglise catholique à une question sur le statut de l’embryon et, une fois élu, de voter sans frémir une loi qui autorise la manipulation embryonnaire, en arguant auprès de ceux qui en demandent raison que l’on est dans le domaine de la responsabilité publique où les convictions personnelles n’ont rien à faire… C’est là une gymnastique un peu extraordinaire, et je ne vois pas quel crédit faire à quelqu’un qui serait capable de faire un partage aussi radical entre ce qu’il estime essentiel pour l’avenir de l’homme et son engagement dans la vie publique
Certes, nous expérimentons tous qu’il ne peut y avoir conïncidence parfaite entre ces deux domaines, mais il nous faut bien accepter ce défi de notre condition humaine et accepter de ramer pour rejoindre l’idéal que nous avons. Reconnaître cet écart entre ce que nous souhaitons réaliser et ce que nous pouvons faire est une chose, mais le justifier en disant que les convictions sont de l’ordre de la vie privée tandis que la responsabilité concerne la vie publique, ce n’est plus une position tenable aujourd’hui où les décisions publiques et les actes législatifs ont des conséquences considérables sur l’avenir de l’homme et sur la conception de l’existence humaine. »

Cardinal André Vingt-Trois, Quelle société voulons-nous ?, Pocket, 2012, p. 64-65

4 commentaires sur “L’indispensable union entre conviction et responsabilité
  1. Chenaux Patric dit :

    Le Cardinal André Vingt-Trois a une grande sagesse. Ce qu’il dénonce c’est vraiment le mal qui ronge notre société. Avoir des convictions et ensuite ne pas les appliqués une fois que nous avons reçu des responsabilités n’est pas tenable.
    Et cela touche tous les domaines de notre vie. Je pense ici tout particulièrement à la messe. Les catholiques disent d’un seul coeur « Seigneur prends pitié. .. », ensemble il chantent « Gloire à Dieu… », ensemble ils confessent ce qui est aussi leur conviction: « Je crois en Dieu… » Ensemble ils prient, chantes, disent les répons, ensemble il disent « Seigneur je ne suis pas digne… » et enfin tous communient au Corps (et au Sang, car dans l’Hostie vous avez tout Jésus ). Et après?
    On sort de la messe avec nos convictions renforcées par les lectures, le Psaume, l’Evangile et l’homélie aussi (si on a écouté). Et après? Dans nos responsabilités que faisons-nous de nos convictions?
    Voyons voir si nous tenons et appliquons nos convictions dans nos responsabilités. Mais d’abord quelles sont les responsabilités du catholique?
    1. Aimer Dieu et aimer son prochain comme soi-même
    2. Aimer l’Eglise
    3. Supporter ses frères et soeurs dans la foi
    4. Faire son devoir d’état
    5. En tant que roi: ne pas avoir honte de l’Evangile
    6. En tant que prêtre: prier sans cesse.
    7. En tant que prophète : annoncer l’Evangile
    8. En temps que disciple: se former et appliquer

    Je ne vais pas développer ces 8 points. Ce que j’aimerais faire c’est juste prendre trois exemples.

    Le premier, à la sortie de la messe.

    Pourquoi cet exemple? Parce qu’en sortant de la messe, nous avons la responsabilité (voyez les point 1 à 3) de mettre en pratique immédiatement nos convictions. Quel est cette manie de partir de suite après la messe, sans même rencontrer un frère ou une soeur pendant la semaine? Notre conviction nous l’avons déjà mise de côté pour différentes raisons qui prendront toujours le dessus: « J’ai mon poulet à mettre au four », « ma famille va passer me voir » etc. Mais nos convictions alors, notre communion avec nos frères nos soeurs, c’est juste pour le messe? Ainsi, nous passons 1h au grand maximum, si nous allons tous les dimanches, avec ceux qui ont la même foi, les mêmes convictions, rachetés par le Sang de Notre Seigneur. Nous risquons fort d’arriver au ciel en n’ayant passé que quelques heures avec tel frère, telle soeur. Jésus nous fera les présentations puisque nous nous connaissons pas.

    Le deuxième est dans nos familles. Chacun d’entre nous avons des responsabilités. Et là aussi que faisons-nous de nos convections? Dans la famille, il n’est pas facile de témoigner, nous ne pouvons forcer personne à croire, mais nos convictions ne doivent en rien être ébranlées, et nous ne devons pas agir contre elles. Cela est souvent difficile et concerne les points (1, 4, 5-7). Il faut tenir. Le point 8 est important aussi, car l’étude va nous permettre de nous fortifier.
    Pour tenir ses convictions dans la famille, nous avons des exemples dans la Bible comme Tobit, dans le livre de Tobie, ou la Sainte Famille dans les Evangiles et dans la vie des Saints, je pense à Sainte Monique ou Sainte Rita. Il en existe d’autres. Dans la famille, s’il n’est pas possible d’appliquer ses convictions, notre responsabilité fait que nous devons les garder précieusement et ne pas les trahir. Le catéchisme, les conseils du prêtre peuvent nous aider.

    Le troisième dans son lieu de travail. Là il faut accomplir son devoir d’état (point 4) en chrétien, n’hesitant pas a garder ses convictions intactes et même en les affirmants (points 1, 3, 5-7). Tout doit se faire avec sagesse, discernement. Là aussi l’étude du catéchisme, la lecture de certains ouvrages vont nous aider (point 8).
    Au travail, nous avons des responsabilités et nos convictions ne peuvent être mises en sommeille. Alors que faire si notre patron nous demande quelque chose de contraire aux règles de l’entreprise? D’abord, il faut dire à notre patron nos convictions. Il est important que le patron soit au courant. Mais faut-il désobéir au patron? Cela dépend de la gravité de la chose.
    Dans notre prière journalière, demandons à Dieu la sagesse. Bien prier pour son entreprise, son patron, ses collègues. S’il n’y a aucune vie en danger, pas de vol ou de personnes lésées, nous pouvons obéir à l’ordre du patron, sans joie, mais des fois il faut savoir être soupple.
    Ce n’est pas facile, je pense aux médecins catholiques. Il refusent d’avorter, ils doivent légalement conseiller un autre médecin qui pratique l’avortement. Le médecin ici rencontre un grave conflit entre ses responsabilités et sa conviction qui dit: « Tu ne tueras pas ».
    Que pourrais-je dire à ces médecins? S’ils refusent, cela peut devenir grave pour eux, et nous avons besoins de médecins catholiques. Je me permettrais de donner ce conseil: D’abord, prier pour que ce genre de cas n’arrive pas, et que s’il arrive, cela soit un moyen de témoigner. Ensuite, si une femme veut avorter, lui exposer vos convictions les plus profondes, et lui dire simplement, que cela déplaît à Dieu, qu’elle va commettre un meurtre et qu’elle sera toujours torturée dans sa conscience par cet acte. Enfin, avoir un collègue médecin qui accepte très difficilement de commettre un avortement. Ah oui, essayer avec lui de retarder l’avortement jusqu’à la date légale.

    Bon ce sont des idées pour que nos convictions soient en union avec nos responsabilités.

    Comme l’a dit le Père Marc ce matin à la messe: « Il nous faut des prophètes ».

  2. colombe dit :

    Quelle société voulons nous? merci mon Cardinal pour ce point d’interrogation que nous devons avoir nous chrétiens, sur notre façon de faire et d’agir pour notre société comme elle se présente, avec plus de bas que de haut.Nous allons de plus en plus dans une impasse ou le retour ne pourra se réalisé, Quel gâchis quel dommage, alors que DIEU nous donne tous les moyens nécessaires pour nous en sortir. Nous passons a coté en pensant que cela va finir par s’arranger. Ayons tous a cœur de garder l’unité dans l’esprit par le lien de la paix.Le Saint-Esprit est le médiateur entre notre âme et lui Alors abandonnons lui tout. Car avec l’Esprit saint on peut tout recevoir.