GPA, non à la barbarie high tech et « éthique »

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Après la CEDH, la Cour de cassation à validé le 3 juillet l’inscription à l’état-civil français un enfant né par GPA à l’étranger. C’est une légitimation rampante d’une pratique barbare faisant de l’enfant l’objet d’un contrat et de la femme un outil. Prions pour que les cœurs et les intelligences de nos compatriotes s’ouvrent à la vérité de la dignité humaine et à ce qu’elle exige.    

« Tout le monde est d’accord pour garantir les droits de l’enfant, qui ne sont pas responsables des conditions de leur naissance. Reste à savoir comment. Rappelons que les enfants ne sont ni «sans papiers» ni des «petits fantômes de la République»: ils ont des actes de naissance étrangers qui sont pris en compte dans la vie quotidienne. Aucun problème d’autorité parentale, d’accès à la sécurité sociale, etc. La question de la nationalité a été réglée en pratique par la circulaire Taubira. Elle aurait pu l’être autrement, le code civil permettant de donner la nationalité à tout enfant élevé depuis 5 ans par des Français. Si les enfants ont besoin d’une protection supplémentaire, cela peut être fait par des mesures spécifiques décidées démocratiquement par le législateur. C’est cela, la démocratie.

La transcription, cela va beaucoup plus loin: c’est la transformation en un acte de droit français d’un acte étranger qui résulte d’un processus de maternité de substitution contraire à l’ordre public. Ce que savent très bien ceux qui y recourent et viennent ensuite s’indigner devant les tribunaux et ceux qui les conseillent. Transcrire, c’est dire: faites ce que vous voulez hors de France, vous aurez la bénédiction des autorités au retour. Après quoi, l’interdiction ne tiendra pas longtemps en France. Au demeurant, cela témoigne d’une parfaite indifférence au sort des femmes exploitées à l’étranger, indigne d’une Europe qui promeut partout les droits de l’Homme.

Les juges ont donc une énorme responsabilité dans cette affaire. Ils ne peuvent faire l’économie d’une réflexion sur ce qui est en jeu dans la GPA et sur les conséquences de leurs décisions non seulement en France mais dans toute l’Europe. Il ne suffit pas de prendre des décisions pour s’en laver les mains. Cette réflexion n’a nullement été menée jusqu’à présent par la CEDH, qui s’est bornée à concéder du bout des lèvres le droit de la France à interdire la GPA sur son sol au nom d’un «choix éthique du législateur».

Or la GPA n’est jamais que la résurgence high tech et libérale d’une coutume mésopotamienne abolie depuis des millénaires qui autorisait l’épouse infertile à s’approprier l’utérus de sa servante pour assurer une descendance au mari. Elle est en elle-même une atteinte aux droits humains, contraire aux conventions internationales de protection des droits de l’homme, notamment celles qui interdisent la vente d’enfant et la traite des êtres humains.

Il est effarant que la CEDH ne dise pas un mot de la mère porteuse, «effacée» de ses arrêts comme elle l’est des actes d’état civil dont on réclame la transcription. Qu’elle ose reprocher à l’État un prétendu problème «d’identité» des enfants du fait d’une absence d’inscription de leur filiation biologique paternelle en ignorant l’autre versant de cette identité, la filiation entre l’enfant et la mère qui l’a porté et mis au monde. Qu’elle ne se pose pas même la question de la possibilité pour la mère porteuse de faire valoir si elle le souhaite dans l’avenir son statut de mère, et pour l’enfant de rétablir la vérité.

Ce sont les commanditaires qui créent la confusion pour l’enfant par la création d’une filiation tronquée ou mensongère et portent atteinte à son intérêt en le soumettant à un abandon programmé et tarifé. Osera-t-on montrer à l’enfant le contrat qui a prévu dans ses moindres détails sa fabrication et le prix qu’il a coûté?

Ce à quoi nous assistons est la transformation de la personne (femme, enfant) en objet de commerce, dans le cadre d’un marché qui «pèse» déjà plusieurs milliards d’euros. C’est la négation de l’humanisme sur lequel est fondée notre civilisation.

Il est dramatique que la Convention européenne des droits de l’Homme, conçue après la seconde guerre mondiale comme un rempart contre la barbarie, soit aujourd’hui utilisée pour avaliser ces nouvelles formes de prise de possession d’autrui par les plus forts. Que les juges, par paresse, lâcheté ou hypocrisie, se laissent prendre à une telle instrumentalisation des droits qu’ils sont censés protéger.

Depuis un an, une décision de 7 juges insuffisamment réfléchie prend en otage les 820 millions de citoyens européens et les États qui refusent de s’insérer dans le marché international des corps et des personnes. Puisse la CEDH saisir l’occasion de se rattraper et prendre enfin, en pleine conscience et connaissance de cause, ses responsabilités.

Puissent les juges, nationaux et européens, choisir de ne pas rester dans l’Histoire comme ceux qui auront mis à bas des règles établies démocratiquement pour garantir la distinction fondamentale entre les personnes et les choses, ouvrant ainsi la porte au déferlement d’un marché qui ne respecte plus rien, pas même l’humain. »

 

Joseph Brussan, « GPA, non la personne n’est pas un objet de commerce », Figarovox, 17 juin 2015

3 commentaires sur “GPA, non à la barbarie high tech et « éthique »
  1. Esperance2 dit :

    Merci pour ce texte d’actualité, pour la date il faut lire 17 juin 2015 bien sûr.
    Il ne me semble pas qu’on puisse établir un quelconque parallèle entre d’une part, une « coutume mésopotamienne » évoquée ici et illustrée dans le livre de la Genèse par exemple, et cette horreur scandaleuse de la GPA d’autre part; pour ma part, je récuse la formulation « L’épouse infertile s’appropriait l’utérus de sa servante » – ce qui ne fait qu’aggraver le scandale de la GPA si justement dénoncé ici.
    Dans la Bible, les servantes sont des femmes et des mères à part entière. Ismaël sait qu’il est le fils de son père Abraham et de sa mère Hagar, servante de Saraï / Sarah. De même, pour les fils de Jacob: les deux fils nés de Bilha, la servante de Rachel [Dan, Naphtali], et les deux fils nés de Zilpa, la servante de Léa [Gad, Asher], connaissent leur filiation.
    Ces unions extra-conjugales sont de fait l’initiative de l’épouse légitime, mais le but n’est pas une satisfaction égoïste pour « se réaliser » comme on dit, mais au contraire l’injonction à susciter une descendance pour une question de survie. Dans ce contexte, l’invitation explicite de l’épouse fait que l’enfant qui naît de l’union du mari avec la servante n’est pas adultère.
    Ainsi il me semble qu’il n’y a en vérité aucun rapport entre l’utilisation de femmes – mères-porteuses pour satisfaire le soi-disant « droit à l’enfant » de commanditaires d’une part, et le recours à une pratique pas très glorieuse, qui n’est pas spécialement à l’avantage de l’épouse, d’autre part. Sans doute le Christ nous a-t-il libéré de cette compulsion à assurer une descendance familiale.
    Merci de tout cœur pour cette dénonciation vigoureuse de la barbarie high tech et en communion de prière.

  2. colombe dit :

    Merci pour de telles précisions sur la GPA. Ce sont de bons et vrais enseignements que vous nous faites.Ainsi que celui de Mo Joseph Brussan.Une fois de plus nous constatons combien le mal prolifère sur notre monde , sur notre pays qui va droit a l’asphyxie .Mon DIEU je crie vers toi car mon cœur saigne lui aussi de voir le mal autour de nous et prês de nous, nous devons nous accrocher a la prière comme a une bouée de sauvetage . Le Seigneur est dans ce lieu il est avec nous, ne perdons pas courage et prions que ce monde change et revienne vers leur créateur .Nous sommes un petit troupeau mais le troupeau peut s’agrandir grâce a nos prières si petites soit-elles. DIEU entendra notre cri vers lui.Croyons au bonheur que DIEU veut nous donner et gardons confiance jusqu’au bout.

  3. Chenaux Patric dit :

    « Saraï, la femme d’Abram, ne lui avait pas donné d’enfant. Elle avait une servante Egyptienne, nommée Agar, elle dit à Abram: « Ecoute-moi: le Seigneur ne m’a pas permis d’avoir un enfant. Va donc vers ma servante; grâce à laquelle, peut-être aurai-je un fils. » Abram écouta Saraï… Agar enfanta un fils à Abram, qui lui donna le nom d’Ismaël. » (Gn 16:1-2 et 15, La Bible, Traduction Officielle Liturgique, Mame, 2014, p. 67). Si j’ai mis ce passage des Ecritures, c’est pour vous montrer deux choses, le fait qu’une servante pouvait, à cette époque, donner une descendance, et qu’Abram aurait mieux fait d’écouter le Seigneur plutôt que son épouse, car Ismaël donnera du fil à retordre au peuple de Dieu… puisque l’Islam se réclame d’Ismael, et ces temps les islamistes sèment la terreur. Comme quoi, une erreur de notre part peut avoir des conséquences dans l’avenir. Cette coutume de prendre une servante pour avoir une descendance, nous la retrouvons plus loin avec Jacob qui eu douze garcons et une fille avec ses deux épouses et leurs servantes. Mais Dieu permettait cela dans un contexte, celui de l’Ancienne Alliance, comme il autorisait le divorce, à cause de la dureté du coeur de l’homme. Mais dans la Nouvelle Alliance, c’est terminé, Jésus, Dieu fait Homme, interdit et la polygamie et le divorce, comme cela était au début.
    Au-dessus des Droits de l’Homme, il y a LA LOI DE DIEU, et si l’on respecte la Loi de Dieu et l’enseignement de l’Église, les droits de l’homme seront ENTIÈREMENT respectés.

    La GPA est un scandale aux yeux de Dieu, en même temps qu’elle n’est pas conforme aux droits de l’hommes. Mais pour comprendre, il nous faut citer à nouveau la Bible (j’ecrirai quelques remarques entre parenthèses concernant aussi les divers combats éthiques que nous menons):

    « Le Seigneur Dieu dit: »Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire UNE AIDE QUI LUI CORRESPONDRA (litt. qui lui soit son vis-à -vis). » Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs (…) Mais il ne LUI TROUVA AUCUNE AIDE QUI LUI CORRESPONDE (comme quoi est déjà condamnée ici la zoophilie, et même toutes les théories qui affirment que certains animaux seraient nos égaux ou plus intelligents que nous, même que les singes seraient nos cousins). Alors le Seigneur fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis referma la chair à sa place. Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna UNE FEMME (et pas un autre homme) et il l’amena vers l’homme.
    L’homme dit alors: « Cette fois-ci (oui car les animaux ne sont que des animaux auxquels Adam donna leurs noms), voilà l’os de mes os et la chair de ma chair! On l’appelera FEMME – Ishsha -, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
    A cause de cela, L’HOMME quittera son PERE et sa MERE, il s’attachera à sa FEMME, et TOUT LES DEUX NE FERONT PLUS QU’UN…
    L’HOMME s’unit à EVE, sa FEMME: elle devint enceinte… »
    (Gn 2, 18-19a et 20b-24, 4,1a, Ibid pp. 55-56)

    Donc à la lecture de ce texte il est clair que ce que Dieu veut pour l’homme et ce qui est bon pour lui, c’est le mariage avec une femme de laquelle il aura les enfants que Dieu lui donnera. Notons qu’Adam s’unit (connu) Eve, seulement après le récit de la chute. Il gardèrent donc le mariage intact, car après la chute, ils crurent aux promesses de Dieu, à la venue d’un Rédempteur, d’un Sauveur. Adam et Eve eurent le malheur de voir Caïn, leur premier fils tuer Abel leur second, par jalousie, le coeur de Caïn étant mal disposé envers Dieu, les effets du péché ne mirent pas longtemps à se faire ressentir.

    Voilà donc le modèle parfait. Non pas la chute, mais l’homme quittant ses parents pour épouser une femme et pas un autre homme, et pour avoir un enfant de sa femme et pas d’une autre de queque manière que ce soit.

    Ce qui me navre souvent, dans les débats sur l’éthique, c’est qu’on met en avant toujours les droits de l’homme alors qu’il faudrait mettre en avant ce que Dieu dit et veut. Mais me direz-vous, tous ne sont pas croyants, tous ne sont pas catholiques, tous ne sont pas… eh quoi, la Parole de Dieu n’est-elle pas toute puissante? N’a-t-elle pas créer les mondes? Le Verbe ne s’est-il pas incarné? Alors pourquoi s’appuyer sur un texte écrit par des hommes alors que nous avons la Parole de Dieu qui s’adresse à tous les hommes. Les Droits de l’Homme peuvent être contestés, la Parole de Dieu, non.
    Et la Bible, concernant l’homme et la femme, ainsi que l’enfantement est claire. Voyez Moïse qui fut élevé par la princesse, la fille de Pharaon, dans le luxe, les plus hautes écoles, avait une belle vie, mais il ne pu résister à l’appel de sauver son peuple esclave et de retrouver les siens. Il n’était pourtant pas un enfant conçu par GPA.
    Alors imaginez un enfant qui aura été neuf mois dans le ventre d’une femme, et qui lui sera arraché pour qu’il soit élevé par « ses parents » qui l’ont acheté.
    C’est effrayant, nous vivons dans un monde effrayant. Il faut que nous, catholiques, vivions absolument le plus sérieusement notre foi, en disant autour de nous la volonté de Dieu. DIEU VEUT NOTRE BOHNEUR, si nous nous detournons de lui nous ne trouverons que le MALHEUR.
    Ah mes frères, mes soeurs, mon coeur saigne, je pleure devant tant et tant de désobéissances à la volonté divine. Mais il ne faut pas désespérer, il n’y a rien de neuf sous le soleil. Déjà Mgr Gaume disait que l’homme qui se détourne de Dieu devient ventre, il y a des signes distinctifs, il se perce la peau et se tatoue le corps. Mgr Gaume aurait pu ajouter, il ne respecte plus l’ordre créationnel de Dieu comme nous venons de le lire dans la Genèse. Certes c’est un vieux livre, mais il est toujours d’actualité et l’Eglise enseigne la Loi d’Amour à merveille, toujours guidée par le Saint-Esprit.
    Frères et soeurs, prions pour qu’il se lèvent des Prophètes qui disent: Il est Ecrit…

    « En ce temps-Là, tandis que Jésus parlait aux disciples de Jean le Baptiste, voilà qu’un notable s’approcha. Il se prosternait devant lui en disant: « Ma fille est morte; mais vient lui imposer les mains et elle vivra » Jésus se leva et le suivit, ainsi que ses disciples (…) il entra, lui saisit la mains, et la jeune fille se leva. »
    (Cf.l’Evangile de la Messe du jour, Magnificat, lundi 6 juillet, pp. 95-96).

    Nous pourrions lire tout le passage de Mt 9, 18-26, d’où j’ai tiré l’extrait ci-dessus. La jeune fille qui est morte, c’est la France, qui dort, la femme qui a sa perte de sang, c’est la France qui est bien malade et perd ce qui la fait vivre. Il suffit que quelqu’un aille chercher Jésus, le déranger même, et le prier de venir, mais il faut aussi que la France cherche sa guérison auprès de Jésus. Comment la France pourra se réveiller et guérir s’il n’y a pas des chretiens qui prient avec ferveur le Seigneur, n’hesitant pas à le déranger et comment viendra-t-elle au Seigneur s’il n’y a pas de prédicateurs, si elle ne se rend pas compte de sa maladie et que tous les docteurs qu’elle cherche ne lui servent de rien, et si elle ne voit pas en l’Eglise, en nous, le Christ sa seule espérance?