Prions-nous pour que les musulmans rencontrent le Christ?

charles de foucauld
image-936
« Habituellement chaque mission comprend plusieurs prêtres, au moins deux ou trois ; ils se partagent le travail qui consiste surtout en relations avec les indigènes (les visiter et recevoir leurs visites) ; œuvres de bienfaisance (aumônes, dispensaires) ; œuvres d’éducation (écoles d’enfants, écoles du soir pour les adultes, ateliers pour les adolescents) ; ministère paroissial (pour les convertis et ceux qui veulent s’instruire dans la religion chrétienne). Je ne suis pas en état de vous décrire cette vie qui, dans ma solitude au milieu de populations très disséminées et encore très éloignées d’esprit et de cœur, n’est pas la mienne… Les missionnaires isolés comme moi sont fort rares. Leur rôle est de préparer la voie, en sorte que les missions qui les remplaceront trouvent une population amie et confiante, des âmes quelque peu préparées au christianisme, et, si faire se peut, quelques chrétiens. Vous avez en partie décrit leurs devoirs dans votre article : « Le plus grand service » (Écho de Paris, 22 janvier 1916). Il faut nous faire accepter des musulmans, devenir pour eux l’ami sûr, à qui on va quand on est dans le doute ou la peine, sur l’affection, la sagesse et la justice duquel on compte absolument. Ce n’est que quand on est arrivé là qu’on peut arriver à faire du bien à leurs âmes. Inspirer une confiance absolue en notre véracité, en la droiture de notre caractère, et en notre instruction supérieure, donner une idée de notre religion par notre bonté et nos vertus, être en relations affectueuses avec autant d’âmes qu’on le peut, musulmanes ou chrétiennes, indigènes ou françaises, c’est notre premier devoir : ce n’est qu’après l’avoir bien rempli, assez longtemps, qu’on peut faire du bien.

Ma vie consiste donc à être le plus possible en relation avec ce qui m’entoure et à rendre tous les services que je peux. À mesure que l’intimité s’établit, je parle, toujours ou presque toujours en tête à tête, du bon Dieu, brièvement, donnant à chacun ce qu’il peut porter, fuite du péché, acte d’amour parfait, acte de contrition parfaite, les deux grands commandements de l’amour de Dieu et du prochain, examen de conscience, méditation des fins dernières, à la vue de la créature penser à Dieu, etc., donnant à chacun selon ses forces et avançant lentement, prudemment.

Il y a fort peu de missionnaires isolés faisant cet office de défricheur ; je voudrais qu’il y en eût beaucoup : tout curé d’Algérie, de Tunisie ou du Maroc, tout aumônier militaire, tout pieux catholique laïc (à l’exemple de Priscille et d’Aquila), pourrait l’être. Le gouvernement interdit au clergé séculier de faire de la propagande anti-musulmane ; mais il s’agit de propagande ouverte et plus ou moins bruyante : les relations amicales avec beaucoup d’indigènes, tendant à amener lentement, doucement, silencieusement, les musulmans à se rapprocher des chrétiens devenus leurs amis, ne peuvent être interdites par personne. Tout curé de nos colonies, pourrait s’efforcer de former beaucoup de ses paroissiens et paroissiennes à être des Priscille et des Aquila. Il y a toute une propagande tendre et discrète à faire auprès des indigènes infidèles, propagande qui veut avant tout de la bonté, de l’amour et de la prudence, comme quand nous voulons ramener à Dieu un parent qui a perdu la foi… »

 

Bienheureux Charles de Foucauld, Lettre à René Bazin du 29 juillet 1916

8 commentaires sur “Prions-nous pour que les musulmans rencontrent le Christ?
  1. Lemaire Pierre dit :

    Mon Dieu, je m’abandonne à Toi, fais de moi ce que tu voudras … Jésus veux être l’ami intime de chacun de nous ; il n’a pas d’idéologie à nous proposer pour que cesse notre peur. Suis-je suffisamment clair avec moi-même pour pouvoir accueillir tout être humain comme quelqu’un que Jésus aime au point d’avoir livré sa vie pour lui ; que Dieu notre Père aime au point d’entendre ma prière pour lui et de lui donner tout ce que son cœur de Père veut lui donner ; que l’Esprit Saint habite mystérieusement pour lui montrer cette vérité suprême qu’il est l’enfant bien aimé de Dieu !

  2. Deshayes dit :

    Mr. Chenaux ,quand j’ai été en Algérie,j’ai retiré mes chaussures pour visiter les mosquées ,j’ai mangé pendant 10 jours du mouton ,je n’ai rien demandé ,alors qu’ici ils exigent ceci et celà,contrairement à ce que vous dîtes dans leur livre il y a beaucoup de violences et dans les addiths encore plus,pour eux nous sommes de mécréants ,des chiens etc,alors ayez le courage de dire la vérité et ne pas vous fermer les yeux ,n’oubliez pas non plus que Charles de Foucault a été Assassiné ,l’article ne le mentionne pas ,ni vous ni dans l’autre commentaire .Jésus n’avait pas peur de dire les choses et de séparer le bon grain de l’ivraie ,essayer de faire pareil,le monde que vous le vouliez ou non est ainsi fait,j’espére ne pas vous choquer ,ce n’est pas le but rechercher

    • reyrolle dit :

      Et que faites-vous de la Miséricorde ? Jésus nous l’a bien démontrée sur La Croix : Ô Père, pardonne-leur ils ne savent pas ce qu’ils font …
      La loi de l’Amour n’est pas la loi du talion !
      Bien fraternellement à vous !
      Jacqueline

      • Deshayes dit :

        @ Jacqueline,la miséricorde ne doit pas nous « bander » les yeux ni les oreilles,je dis ce que je pense Dieu me jugera en temps et en heure ;Cordialement

  3. colombe dit :

    L’amour d’un frère chrétien pour un autre frère musulman peut exister. Il suffi en effet de les respecter dans leurs coutumes; ce qui nous unit cela peut être la charité, voir le dialogue sans imposer nos propres volontés. Je fréquente régulièrement des musulmans : pour la petite histoire je me suis occupée d’une personne en danger, son mari ayant fait une tentative sur elle de la tuer. De ce fait je me suis occupée de la personne victime puisque nous nous connaissions. Elle a voulu venir a la messe avec moi même aux adorations, sans aucune pression de ma part.Un jour elle ma dit: tu sais je me suis endormie et j’ai vu une pastille blanche; je lui es expliqué que c’était JÉSUS pour nous chrétiens; et au fond de moi je priais Jésus qu ‘elle reste dans sa religion . JÉSUS a écouté ma prière et encore aujourd’hui je lui rends grâce , pour la raison toute simple que le suis restee en bons termes avec la famille qui m ‘a montre leur reconnaissance d’avoir aider leur fille. Mais comme les voix du Seigneur sont impénétrables, il a choisi par la suite un membre de sa famille pour devenir chrétienne : la ou moi je n’étais pas du tout engagée.Comment ne pas rendre grâce a DIEU: il sait lui ce qui est bon pour chacun d’entre nous .Merci Seigneur d’avoir pu être témoin de si belles choses.

  4. Chenaux Patric dit :

    Charles de Foucauld est l’un de ceux qui me servent de modèle, que j’essaie d’imiter. En bon disciple de saint François, il a su être bon et doux avec tous, et particulièrement avec ces musumans qu’il aimait tant. Alors si le bienheureux à dû quitter la France pour les rencontrer au désert, nous, il nous suffit de les aimer dans ce « désert » que sont nos banlieues. Il faut cependant bien retenir cette leçon du jour avant d’entamer l’évangélisation des musulmans. Il nous faut aussi quelques notions de l’Islam. Déjà savoir qu’il n’y a pas une sorte de musulman, c’est une bonne base. Ensuite il y a quelques petites règles à retenir, si vous le permettez, je ne vous en donnerai six importantes, pour ne pas m’étaler et parce que ce n’est qu’un commentaire. Les règles fondamentales: 1. Ne jamais crtitiquer Mahomet, 2. Toujours avoir un grand respect du Coran, par exemple, si un musulman vient chez vous, ne jamais poser le Coran par terre, si vous êtes assis et que vous parlez avec votre ami, 3. Avoir une bonne connaissance biblique pour ne pas vous laisser destabiliiser par les argument de votre ami, 4. Ne jamais comparé Jésus et Mahomet, en effet, Jésus est Dieu fait Homme, Mahomet n’est qu’un homme, 5. Respecter les coutumes de votre ami musulman (nourriture, voile) et en 6. Dire ce qu’il y a de bien dans l’Islam, comme la prière. L’évangélisation des musulmans peut se faire que très difficilement, et sur du long terme, surtout qu’il risque parfois gros s’il devient chrétien.
    La prière a donc une place importante dans notre témoignage auprès de ces chers musulmans qu’il ne nous faut jamais prendre pour des païens.

    • MARINE Ch. dit :

      Depuis plusieurs mois, je connais et récite le « chapelet pour la conversion des musulmans », car le Père cherche particulièrement son « Peuple Musulman » :
      – sur les gros grains (Pater) dire : « par les Saintes Plaies de Jésus et les larmes de Marie,…
      – sur les petits grains (Ave Maria) : … Doux Père, fais-leur connaître Ton Fils ! »

      • Jean E dit :

        Excellent Marine et merci ! Cette prière est très belle et très similaire à celle de Ste Faustine. Je sens que plus aucun musulmans ne passera à portée sans qu’il reçoive une brise de l’Amour de Dieu sous cette forme !
        – sur les gros grains (Pater) dire : « par les Saintes Plaies de Jésus et les larmes de Marie,…
        – sur les petits grains (Ave Maria) : … Doux Père, fais-leur connaître Ton Fils ! »